I. Cf. notre Austerlitz, p. aSo
LA POLITIQUE ORIENTALE DE L AUTRICHE Sig
mais impériale. Il en garda pourtant les dispositions essentielles en les adaptant à ses ambitions. Il n'était pas d'humeur à donner à l'Autriche FEmpire de l'Orient, mais seulement à se servir d'elle pour refouler la Russie et se réserver à lui-même l'Orient aux grandes gloires.
En attendant, il organisa l'Italie et l'Allemagne sous son autorité, fortifiant ses positions de l'arrière avant de consacrer sa puissance à la conquête de l'Europe orientale. Il y fut un moment interrompu par les afiaires d'Espagne, et par la tentative que fit l'Autriche pour en profiter. Car si elle subissait son sort, ce n'était que malgré elle, et elle n'avait pas encore perdu tout espoir de reprendre son ancien Empire de l'Europe. Elle fut vaincue et mutilée à Wagram. Elle perdit la Galicie orientale, Salzbourg, les Provinces Illyriennes ; elle fut écartée loin de la mer Adriatique. Encore un refoulement vers le sud-est.
Naturellement, elle dut attacher une importance capitale à ces choses de l'Orient, où elle sentait de plus en plus son avenir, auxquelles elle s'intéressait de plus en plus depuis un siècle et demi, depuis que l'épée du prince Eugène et les grands rêves de Joseph II lui en avaient montré la voie.
Sans doute, elle avait subi des défaites qui demandaient réparation. Sans doute, elle ne pouvait pas encore renoncer à tout son passé, quoiqu'elle l'ait fait, pour son malheur d'ailleurs, cinquante ans plus tard.
Mais il n'est pas étonnant qu'au lendemain de Wagram, sa politique, avec Metternich, se soit établie dans des formules comme celles-ci : — se venger si l'on peut ; sinon, profiter de la grandeur française pour prendre des bénéfices compensatoires.
C'est pourquoi il nous fallait ici reprendre les antécédents séculaires de cette histoire, pour mesurer la force de l'orientation qui portait l'Autriche au sud-est, donc contre la Russie.
Sao L'ALLIANCE AUTRICHIENNE
Au lendemain de Wagram, les relations diplomatiques furent reprises entre la France et l'Autriche avec courtoisie, avec une sorte de cordialité. La formalité des échanges de territoires s'accomplit sans heurt, en Galicie comme en Croatie.
Dès la fin d'octobre, le prince de Schwarzenberg fut envoyé à l'ambassade de Paris, par manifestation de bonne volonté et avec des instructions pour la rupture avec l'Angleterre, conformément au traité de Vienne.
Le nouvel ambassadeur fut aussitôt fort bien accueilli de la société parisienne, et le bruit se répandit, au bout de peu de jours, qu'il allait épouser la duchesse de Montebello et devenir roi de Wurtemberg, Frédéric le Gros allant en Prusse, et le roi et la reine de Prusse se retirant des affaires avec leurs rentes et une pension ^ Il est possible pourtant qu'il en résulte une guerre : entre qui ? contre qui ? on ne sait pas au juste; si c'est contre les Russes, on leur prendra la Valachie.
Un peu plus tard, Otto fut envoyé à l'ambassade française de Vienne, sans autre instruction, pour le moment, que de tout observer, de tout voir, de rendre compte de tout, notamment de l'impression laissée par la dernière guerre, de la situation militaire de l'Autriche, et des revenus qu'elle pouvait encore consacrer à son armée. Otto, arrivé le aS janvier, fut fort bien accueilli à Vienne ; il en eut de Tétonnement'\ L'Impératrice, qui ne passait pas pour une amie de la France, fut particulièrement gracieuse.