‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 35 sur 225 · I. Aff. Étr., Corr.de Vienne, n" 38f), f'"^*' i · texte numérisé non relu

I. Aff. Étr., Corr.de Vienne, n" 38f), f'"^*' i

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tentées par Joseph II, et pouvait diminuer singulièrement les embarras que Napoléon éprouvait dans sa lutte avec Pie VII. Ce ralliement de la plus grande des puissances catholiques, de quelque manière qu'il se manifestât, ne pouvait que rendre de sérieux services à l'Empereur, et sans doute il y fut sensible, quoique les circonstances n'aient pas permis qu'il en tirât le profit qui s'annonçait. En tout cas il est possible d'y voir une possibilité d'entente entre la France et l'Autriche même sur le point scabreux des relations de l'Eglise et de l'État.

Mais voici où surtout leurs intérêts étaient littéralement confondus. On se rappelle les propositions que Talleyrand faisait à Napoléon, en son Mémoire de Strasbourg, à la veille d'Austerlitz : ne pas écraser l'Autriche, l'orienter vers le Danube inférieur et la mer Noire pour la détourner de l'Allemagne et de l'Italie. Toujours l'Autriche a regardé vers l'Orient ; son nom l'y oblige. Tout récemment Joseph II avait réglé le partage de la Turquie avec Catherine II ; il eût peutêtre mieux valu pour l'Autriche partager avec la France. En tout cas elle était prête à cette orientation, depuis que son prince Eugène avait reconquis la Hongrie, et que Frédéric II avait commencé de la pousser hors de l'Allemagne.

Or, il apparaissait bien que Napoléon avait les mêmes intérêts et le même adversaire ou ennemi, la Russie. Ce pouvait être la base d'une alliance fondamentale, comme celle qui a réuni la Prusse et l'Autriche après Sadowa. C'est pourquoi il n'y a pas lieu de s'étonner qu'il se soit formé un parti français à Vienne ; Otto y nomme dès lors les comtes de Saurau, O'Donnell, Urbna, Trauttmansdorff. Les chefs en sont les Schwarzenberg et les Metternich ; ils avaient beaucoup de leurs biens patrimoniaux en Bavière et en Wurtemberg, depuis longtemps sous séquestre ; ils en furent dégagés, sur une intervention personnelle de Napoléon, à l'occasion de son second mariage. Les plus illustres hommes

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d'Etat ne méprisent nulle part la satisfaction de leurs intérêts particuliers.

Le « parti russe » à Vienne avait raison de s'effrayer de la nouvelle politique de l'Autriche. Sans doute, il pouvait la combattre par quelques « coteries » ; mais en toutes capitales, il est rare qu'il n'y ait pas coteries contre coteries ; et ce ne sont pas toujours les coteries qui font la politique.

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