‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 46 sur 225 · LA. CONVENTION DU 4 JAISVIEK 181O · texte numérisé non relu

LA. CONVENTION DU 4 JAISVIEK 181O

Malgré les instructions de Paris, ou parce qu'elles ne pouvaient pas prévoir tous les détails, Gaulaincourt discuta un peu les termes de la Gonvention. Il fît écarter lu dépendance absolue du Grand-Duché vis-à-vis de la Saxe : les Russes prétendaient qu'il ne fût qu'une province de ce royaume. De même ils voulaient qu'il ne pût avoir un vice-roi, qui le classerait « comme une puissance séparée », ou du moins qu'on ne pût donner la vice-royauté à un Polonais : 1 ambassadeur fit écarter ces exigences. On lui fit quelques observations, à propos du préambule, sur le titre qu'y prenait l'Empereur de Médiateur de la Gonfédération Helvétique, titre qui en effet n'est pas au texte des traités de Tilsit. 11 consentit qu'on employât la formule de Duché et non de Grand-Duché de Varsovie.

LA CONVENTION DU 4 JANVIER 1810 8q

Enfin on signa. Dans le préambule les deux Majestés Impériales affirmaient leur désir de resserrer de plus en plus les nœuds de Talliance et de la rendre indissoluble. En conséquence elles jugeaient nécessaire (( de s'entendre amicalement pour écarter d'avance les seuls sujets d'inquiétude qui pourraient porter atteinte à leur union, en mettant un terme aux illusions dangereuses que l'espérance chimérique de la reconnaissance du royaume de Pologne peut encore nourrir dans le cœur des anciens Polonais ^ » .

L'article premier résume l'acte tout entier en ces termes formels : — Le royaume de Pologne ne sera jamais rétabli. — Ensuite, on écartait les dénominations de Pologne et de Polonais de tous actes officiels et publics. — Les ordies de l'ancien royaume étaient abolis. — Aucun sujet russe, ancien Polonais, ne pouvait entrer au service du Duché ; aucun \arsovien au service de la Russie. — Le Duché ne pourrait recevoir aucune extension territoriale sur aucune partie de Tancien royaume. — L'accession du roi de Saxe à la convention serait obtenue. — Les ratifications seraient échangées dans les cinquante jours.

On sera frappé et étonné du soin mis par la Russie à effacer toute trace de l'ancienne Pologne, dans un temps où elle n'avait pas renoncé, bien au contraire, à la restaurer à son profit. Il y faut sans doute voir surtout un moyen de sonder les intentions de Napoléon, un moyen qui réussit d'ailleurs parfaitement.

Lorsque Napoléon eut ce texte sous les yeux, dans les premiers jours de février, il le soumit dans une lettre à Champagny "^ , à la critique la plus serrée ; car dès lors le mariage russe était en mauvais point. — L'article premier, dit-il, est inadmissible, et contraire à ma dignité. Je ne puis pas dire

Page 1