‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 47 sur 225 · Ibid., XX · texte numérisé non relu

Ibid., XX

go LE CONFLIT FRANCO-RUSSE (1810)

que le royaume de Pologne ne sera jamais rétabli, car si un jour par exemple les Lithuaniens allaient le rétablir je devrais envoyer des troupes pour l'empêcher ; ce n'est pas possible. Je ne puis que m'engager à ne donner aucun secours à une puissance ou à un soulèvement intérieur qui tendrait à rétablir la Pologne : — Ce qui n'était pas la même chose en effet. — L'article 2 est tout à fait mauvais : je ne peux pas prendre l'engagement ridicule et absurde de ne pas faire reparaître les noms de Pologne et de Polonais ; je ne peux que m'engager à ne pas employer ces noms dans aucun acte public. — A l'article des ordres il voulait qu'on les laissât aux titulaires actuels. — L'article relatif à l'interdiction de toute extension territoriale pour le Duché lui semblait très fâcheux ; le duc de Vicence n'était pas autorisé à cela ; il fallait que l'engagement fût réciproque ; que la Russie ne put avoir d'extension territoriale sur l'ancien royaume sans une entente avec la France. — Et ces formules sont encore très expressives ; nous sommes bien en présence de la dispute de la Pologne, et elle a une portée européenne.

« Ainsi, ajoutait l'Empereur, ma dignité sera ménagée, et on aura un texte qu'on pourra avouer en tout temps » : — mais un texte qui ne donnera aucunes garanties à la Russie. Napoléon faisait encore quelques observations intéressantes : « Éviter que la Russie prenne ombrage et croie voir des projets que je n'ai pas » : — Il était donc possible de les y voir ? — « Ils ne manqueront pas de prendre des soupçons, de s'imaginer que j'ai de grands projets, et ils exhaleront leur colère... » Caulaincourt leur fermera la bouche en leur présentant la nouvelle convention toute ratifiée d'avance.

En effet Napoléon propose un nouveau texte, en date du 9 février, trois jours après la conclusion du mariage autrichien. Le préambule n'est pas changé, mais ce n'est pas dans un préambule qu'il faut aller chercher le sens fondamental d'un traité...

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