LA CONVENTION DU 4 JANVIER 181O
et tenir, et au delà de ce qu'on pouvait me demander; elle allait au but aussi bien que la première et la troisième ; mais on insiste sur celle-ci par des motifs que je ne puis expliquer. Il semble que ce soit une lutte d'amour-propre ; tous les hommes sensés conviennent que c'est, aux termes près, la même chose, et les Russes même sont de cet avis. Quand on voudrait m'humilier en me dictant la loi, on ne pourrait pas le faire davantage qu'en me prescrivant ainsi les termes dans lesquels je dois souscrire un acte dont le but m'est étranger, auquel je ne me prête que par déférence et qui est pour moi sans avantage comme sans nécessité. »
Après cette explosion dont les termes sont pour la plupart aussi justes et sincères que vigoureux, il fut répondu diplomatiquement à Kourakin que l'on signerait immédiatement la convention s'il avait des pouvoirs pour y admettre des corrections. L'ambassadeur n'avait de pouvoirs que pour signer sans corrections. La Russie s'en tint à son contreprojet ; Napoléon le repoussant, ce fut la fin de la négociation et l'on n'en reparla plus, et Napoléon s'en réjouit, donna l'ordre à Caulaincourt de la laisser tomber en désuétude. Mais les rapports de Caulaincourt avec le tsar et avec Roumiantzoff ne furent pas des plus faciles.
On sait qu'à la fête donnée le i*' juillet par Schwarzenberg à l'occasion du mariage impérial, un grave incendie se produisit où le prince Kourakin, peu valide, fut assez grièvement blessé. Le 24 juin avait eu lieu selon toutes les règles le « brûlement des ratifications d'une convention entre la France et la Russie, signées par Sa Majesté à Paris ^ ».
Ainsi Napoléon n'avait pris aucun engagement au sujet de la Pologne ; il ne s'était pas engagé à en empêcher le rétablissement. Alexandre se convainquit naturellement qu'il avait le dessein de la rétablir. Il se mit en garde.