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Plus loin, au chapitre VIII

qu'elle n'eut pas un grand succès et qu'elle n'empêcha pas l'alliance de la France et de l'Autriche contre la Russie en mars 1812.

Car nous savons que l'Autriche, qui ne pouvait pas alors compter reprendre son influence en Allemagne et en Italie, était soucieuse des entreprises de la Russie en Orient, d'une part en Moldo-Valachie, d'autre part en Pologne ; une restauration de la Pologne, qui eût attiré à elle toute la Galicie, n'était pas sans inquiéter beaucoup, qu'elle vînt de Napoléon ou d'Alexandre. Elle ne pouvait guère avoir d'autre politique que celle d'une réserve très prudente. Notons seulement pour l'instant que la Russie, désormais en vue d'une nouvelle et plus grave crise de conflit avec la France, commençait de prendre des dispositions défensives du côté de la Pologne et du côté de l'Autriche,

Ce sont les préludes encore vagues de la lutte décisive.

Pendant que la politique russe se perdait ou s'attardait en hésitations et en contradictions. Napoléon donnait à sa conquête impériale une impulsion nouvelle et très vigoureuse.

Car après tous les traités où il abat ses ennemis, Napoléon achève sa victoire par d'autres acquisitions ; c'est, après Amiens, le Piémont; après Presbourg, Naples ; après Tilsit, le Portugal, l'Etrurie. Après Vienne, voici le Valais, la Hollande, les Villes Hanséatiques, l'Oldenbourg. Toujours la paix rongeante et envahissante. Ces traités ne sont jamais définitifs, ne sont jamais des conclusions, ne sont pas même des temps d'arrêt ; ce sont, tout juste, des étapes pour gagner plus, pour s'avancer méthodiquement vers le terme, la domination impériale.

lOO LE CONFLIT FRANCO-nUSSE (1810)

Suivons cette poussée de 1 8 1 o .

La réunion des provinces lUyriennes et de Trieste augmentait l'importance des intérêts français dans les Balkans, dessinait avec une précision nouvelle la politique orientale de Napoléon. Il fallait donc assurer la voie qui y conduisait à travers l'Italie. D'où la réunion du Valais, c'est-à-dire essentiellement de la route du Simplon.

On y retrouve un souvenir du Directoire dans le souci que manifesta Napoléon d'y mettre fin à l'influence des prêtres'. Mais il voulut sans doute bien plutôt fortifier ses communications avec l'Italie. Rœderer fut chargé de préparer la réunion, c'est-à-dire toutes les mesures administratives qu'elle rendait nécessaires. Cependant trois colonnes d'invasion furent préparées, — car on craignait de la résistance, — de Genève à Martigny, d'Aoste à Sion, et de Domo-d'Ossola à Brigue, sous le commandement général de César Berthier, le frère du major-général, récemment revenu du gouvernement de Corfou,

Il n'y eut pas de difficultés. César Berthier fut nommé ensuite commissaire général pour la prise de possession du pays, et invité à prendre toutes dispositions, pour qu'au i'^'' janvier 1811 la réunion fût accomplie, et qu'il pût dès lors « marcher avec la France ». Ce fut le département du Simplon ; les troupes en furent retirées aussitôt, les nouvelles étant parfaitement satisfaisantes.

Qu'on jette les yeux sur la carte. On voit la route dégagée en ligne droite sur le Simplon, Milan, Ancône, Corfou : une des grandes directions de la conquête napoléonienne, comme ailleurs celle de Mayence, Fulda, Weimar, Dresde, Varsovie, ou Wesel, Hanovre, Berlin, Danzig.

La Russie ne fit pas d'objection ; mais ces grandes voies impériales, romaines, jetées à travers l'Europe, n'étaient pas

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