L ESPAG?JE ET JOSEPH
héritier des Empereurs, l'Empire reprend son unité, c'est-àdire enfin la forme politique que toutes les traditions historiques lui imposent.
« Maintenant, s'écrie l'Empereur, maintenant commence la plus belle époque de mon règne. » — Et M. Sorel y voit l'Empereur bouffi, l'Empire dégénéré ! — Toute ambition lui est permise par cette protection certaine de la Providence. « L'avenir est subjugué » ; c'est le thème commun aux discours de ce temps ; c'est le monde ému d'une pareille fortune.
On notera aisément, dans les cérémonies de la naissance et du baptême, quelques traits de cette conception unitaire et de cette ambition aux ailes éployées. On connaît le berceau dessiné par Prudhon : une Gloire soutenant la couronne triomphale, avec l'étoile de Napoléon ; au pied, un jeune aigle, l'aiglon, semble vouloir s'élever jusqu'à l'étoile".
Qu'on mesure à ces espoirs immenses les angoisses de Napoléon dans son désastre, et on éprouvera un profond sentiment de pitié.
Aux Sénateurs il disait le 21 mars : « Les grandes destinées de mon fils s'accompliront. Avec l'amour des Français tout lui deviendra facile. » — Au Conseil d'Etat : « Mon fils vivra pour le bonheur et la gloire de la France. Nos enfants se dévoueront pour son bonheur et sa gloire. »
L'Empereur donna l'ordre de célébrer partout le Te Deum, pour remercier le Ciel de lui avoir donné un fils «qui allait fixer les destinées de l'Empire ».
Il reçut des adresses par milliers, sur cahiers de toutes les couleurs. On voit généralement dans cette naissance un gage de la paix : souhait prématuré ; il faut d'abord achever l'Empire, remplir toutes les ambitions impériales que le Ciel autorise par une protection si manifeste.