Mémoires de Joseph, VII
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dans ses Mémoires. Elles sont un argument de son plaidoyer devant l'histoire : que c'est la faute du décret du 8 février si le voyage d'Andalousie n'a pas donné tous les résultats qu'on en pouvait attendre et n'a pas pacifié définitivement le pays ' ; — que la Régence de Cadix, réduite aux dernières extrémités, ne manqua pas, pour se refaire, d'exploiter le mauvais effet produit par cet établissement de la dictature militaire française dans presque toute l'Espagne, par cette sorte de réunion à la France ; — que d'ailleurs le pays fut ruiné par les exactions des généraux, que les guérillas se multiplièrent, plus insaisissables et plus entreprenantes que jamais ; car faute d'une autorité centrale, ces gouverneurs étant indépendants les uns des autres, chacun chassait les guérillas de sa circonscription sans les poursuivre au delà, en sorte qu'elles se reformaient à mesure.
Il y a beaucoup de vrai dans tout cela. Mais il y a d'autres causes à la faillite de la royauté de Joseph en Espagne.
En attendant, l'alarme fut grande autour de lui, Miot lui conseilla tout net d'abdiquer ^ Mais on voulut se persuader que la mesure était toute provisoire et de pure administration, destinée seulement à pourvoir aux dépenses de l'armée française. Pourtant on n'était pas assuré que cette traduction fût la bonne ; et il y eut donc des proteS'tations diverses, notamment du ministre d'Azanza, qui déclara que la Catalogne, r Aragon, la Biscaye et la Navarre allaient justement être organisées par Sa Majesté Catholique, conformément à la Constitution de Bayonne, pour servir de modèles aux autres provinces ; que cela était impossible désormais ; que le décret impérial compromettait, empêchait tout ordre politique et économique, rendait le roi inutile à ses peuples et annulait entièrement son autorité^. — C'était tout à fait cela.