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de s'être expliqué avec Paris sur sa position. En attendant, il se déclarait retenu au Midi par les nécessités militaires.
Après les fêtes de Grenade, la cour revint à Séville le i4 avril, et Séville fut en vérité pendant quelques semaines la capitale de Joseph. Il y accomplit une certaine œuvre administrative, et même politique.
Toutes les troupes disponibles furent appelées au sud de la Sierra Morena ; le pays compris entre la Sierra Morena et le Douro se trouva absolument dégarni. Des régiments nouveaux furent constitués, tous avec la cocarde rouge d'Espagne, notamment huit régiments d'infanterie de ligne, révélant chez Joseph la pensée d'avoir une armée à lui, une armée royale. L'Empereur ne fut pas content : « Ecrivez au roi d'Espagne, dit-il à Berthier, que je vois avec peine cet immense armement des Espagnols qui n'est propre qu'à augmenter la résistance et à faire couler le sang des soldats français. Quand on a été si souvent trompé, il est difficile de comprendre la raison de cet entêtement dans un faux système ^ . »
Joseph forma encore des milices ou gardes civiques, à Gordoue, Grenade, Jaen, Séville, les capitales des quatre royaumes de l'Andalousie, « dans la vue unique et spéciale de maintenir la tranquillité intérieure dans ces communes » . Il y eut une garde d'honneur à Séville, et les Espagnols y montrèrent beaucoup d'empressement à répondre àl'appel du roi.
Toute l'Espagne méridionale se trouva ainsi sous les armes. Le roi et ses ministres recherchèrent ostensiblement l'appui du clergé contre les moines, des classes aisées contre les masses populaires. On avait fait de même en Italie.
Enfin, les 17 et 23 avril, Joseph promulgua les grands décrets de Séville, Ils divisaient l'Espagne en trente-huit pré-