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M. Handelsman, Napoléon et la Pologne, i

204 LALLEMAGIVE ET LOCCIDENT APRÈS TILSIT

hiérarchie de fonctionnaires assurait l'action du pouvoir central sur les six diocèses et départements du grand-duché.

Il n'y avait pas en tout cela de quoi donner de grandes joies aux Polonais. Il faudrait lire à ce sujet les bulletins de M. Vincent, auditeur près le Conseil d'État, nommé alors commissaire de l'Empereur à Varsovie-. Ils révèlent nettement la déception et la secrète irritation d'un grand nombre de Polonais : presque tous sont attristés de ne rencontrer nulle part dans le statut le nom de Pologne ; beaucoup éprouvent une sorte de colère à n'être officiellement que des « Varsoviens » et ils s'en plaignent hautement ; ils soufiFrent que leur patrie ne soit reconstituée qu'en partie, que beaucoup de leurs plus belles provinces aient été laissées aux Russes, aux Autrichiens, que le traité de Tilsit n'ait pas réalisé leurs espérances. Les grandes familles s'inquiètent de l'établissement de l'égalité sociale, de la fin du servage qui en effet compromet gravement leurs intérêts, de la prochaine proclamation du Code Napoléon.

Dans tout le pays, la persistance du provisoire entretenait le malaise : le roi fut quelqiie temps à se rendre à Varsovie où on l'attendait pour consacrer par sa présence l'établissement nouveau ; la commission de gouvernement demeura en fonctions, administra le grand-duché avec l'aide de Davout, Les destinées de la Pologne demeuraient incertaines.

Les personnages les plus influents conseillaient à leurs compatriotes de patienter, d'avoir confiance en l'empereur Napoléon, qui en somme ne devait rien aux Polonais et qui sans doute ne voudrait pas laisser son œuvre inachevée. Ils observaient que déjà on avait obtenu des satisfactions sérieuses, qui étaient comme des garanties pour 1 avenir ; la Pologne était confiée au gouvernement du roi de Saxe ; mais elle avait sa constitution particulière; elle était bien

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