I. Aff. Etr., Corr. de Pologne, vol. 324, f"^' 196 et s
DE TILSIT A SAINT-CLOID iOD
indépendante ; la patrie était retrouvée. L'égalité sociale, l'inspiration démocratique venues de France, y préparaient désormais la fusion des classes nécessaire à la constitution d'une véritable nation.
Car il ne s'agissait pas seulement de restaurer Tancienne Pologne avec les malheureuses traditions dont elle était morte. Il fallait plus de temps pour fonder la Pologne nouvelle.
De Dresde, Napoléon rentra à Paris le aj juillet à cinq heures du matin. La nouvelle s'en répandit aussitôt dans toute la ville qui, le soir venu, s'illumina spontanément'. Le lendemain, les corps constitués se rendirent à Saint- Cloud pour présenter à l'Empereur leurs hommages et leurs félicitations. Ils avaient épuisé d'avance toutes les formules de la louange ; ils étaient embarrassés pom- trouver du nouveau : « Napoléon, dit le premier président de la Cour d'appel, M. Séguier, est au delà de l'histoire humaine: il appartient aux temps héroïques, il est au-dessus de l'admiration. Il n'y a que l'amour qui puisse s'élever jusqu'à lui. »
Napoléon se reposa quelques semaines à Saint- Cloud. « Tout le monde, dit Sorel, le trouva changé ; engraissé, ramassé, non alourdi, mais le buste court et épais, les petites jambes charnues, le teint plombé, le front chauve, la figure affectant la médaille romaine". Il ne reste plus rien du Corse aux cheveux plats, du jeune homme énergique, pâle et svelte, qui s'élançait dix ans avant à la conquête du monde. Tout en lui, alors, annonçait le héros; tout en lui désormais dénonce l'Empereur. »
Il jouit quelque temps de ses victoires prodigieuses, avec la discrétion et la souveraine majesté que lui avait données l'habitude de vaincre; il lui plut de célébrer avant tout la