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I. Corr. de Napoléon, XV

même de supprimer le royaume d'Etrurie. Il était utile aussi de garder Ancône, malgré les protestations du pape : « Mon fils, écrivait Napoléon au prince Eugène, le 5 août, faitesmoi connaître les dispositions des esprits dans la province d'Urbin, dans la Marche d' Ancône et à Fermo jusqu'aux confins du royaume de Naples. Il serait fort important que mon royaume d'Italie pût s'étendre jusque-là, afin d'être en communication avec le royaume de Naples. Pourrait-on déterminer les habitants à demander leur réunion au royaume d'Italie?,.. De cette manière on longerait la grande chaîne des Apennins jusqu'aux frontières du royaume de Naples. » Justement on avait une opportune querelle avec le pape. Il n'y avait qu'à s'en servir, et le 1 8 août, Champagny reçut mission d'écrire au cardinal Caprara, — Le nonce apostolique à Vienne, pendant la dernière guerre, n'avait montré que de la malveillance à l'égard de la France : « Il est viai que cet homme est d'une incapacité telle qu'il y a dans le corps diplomatique peu d'hommes plus ignorants et plus idiots. » — Dans la rédaction définitive, Champagny était autorisé à rendre les choses « plus coulantes et plus liantes ». — « Sa Majesté espère qu'enfin le Pape voudra mettre un terme aux discussions fâcheuses et ridicules de quelque prêtraille, aussi malveillante qu'ignorante, qui gouverne aujourd'hui Rome, et qu'ainsi Sa Sainteté prouvera la sincérité de ses sentiments et remplira le premier de ses devoirs sur cette terre, qui est de contribuer au bien de la religion et à la tranquillité de ses États, A — Sinon, comme il y a aussi de l'agitation dans le royaume de Naples, l'Empereur sera obligé de réunir à ses Etats d'Italie ou de Naples la Marche d'Ancône, le duché d'Urbin et le Camerino : « L'intérêt et la sûreté de ses Etats l'exigent, si le Pape continue à rester dans cet état d'irritation et d'hostilité et à suivre les conseils qu'inspire le démon aux Antonelli, aux di Pietro, aux Litta, aux Caraffa et autres, » Cela n'annonçait pas une prochaine évacuation d'Ancône.

Au delà de la mer Adriatique, l'Empereur se tenait en correspondance avec Ali de Janina. Marmont, de la Dalmatie, devait envoyer des états de situation tous les dix jours.

L'adjudant-commandant Guilleminot était à Widdin, où il ménageait le 24 août un armistice entre la Porte et la Russie. Il allait falloir s'occuper de la question de Moldo-Talachie. Le gouvernement turc montrait les meilleures dispositions.

Le 2 3 août, Gardane quittait Constantinople où il avait achevé d organiser sa mission et d'en réunir le personnel. Il était en route pour la Perse.

En même temps que Berthier était nommé vice-connétable, Talleyrand était nommé vice-grand-électeur; il n'avait pas cessé de représenter auprès de l'Empereur la politique de l'ancien régime ; il personnifiait toujours, avec une sorte de génie, la diplomatie traditionnelle, aux formes élégantes et aux desseins prolongés. Champagny, qui lui succédait aux relations extérieures, était plus docile; il ne donnerait pas de conseils ennuyeux.

L'aigle impérial ouvrait ses ailes toutes grandes.

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