‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 108 sur 235 · DE COPENHAGUE A LISBONNE · texte numérisé non relu

DE COPENHAGUE A LISBONNE

LES TRAITÉS DE FONTAINEBLEAU (oGT.-NOV. 1807).

Napoléon n'eut pas le loisir de suivre aussitôt Gardane vers l'Inde. Des contingences le retinrent en Occident; il fut obligé de regarder un moment l'Angleterre face à face, de s'affronter à elle de Copenhague à Lisbonne.

Le Danemark était assez mal disposé pour la France au moment de l'ouverture des hostilités contre la Prusse; apparemment il redoutait les ambitions de l'Empereur etl'étabhssement de la domination française sur les villes Hanséatiques.

2l6 l' ALLEMAGNE ET l'oCCIDENT APRÈS TILSIT

Désaugiers Taîné, qui y représentait la France, l'observait sincèrement : « Tous ceux qu'à aucune époque nous n avons pu apprivoiser se désespèrent. Ce parti ne laisse pas d'être nombreux. C est le plus puissant par son crédit et son influence; il se compose principalement des nobles, de tout ce qui tient à la cour et à l administration, et des gros négociants. Les uns nous haïssent par orgueil, les autres par attachement à l'Angleterre. Ils ne cessent de crier que l'Europe est perdue et que la chute de la monarchie prussienne entraîne sans aucune ressource celle des autres Etats. Cependant beaucoup se taisent par prudence et par peur. Mais leurs physionomies sont tellement altérées qu'elles en deviennent méconnaissables. Ce sont les femmes qui, croyant avoir le moins à craindre, se montrent le plus exaspérées ; à leur fureur, on les croirait tentées de prendre les armes contre nous ' , »

Après léna, un grand nombre d'officiers prussiens se réfugièrent à Copenhague où l'agitation redoubla. Le gouvernement danois crut utile de masser des troupes à la frontière, au moment de la capitulation de Blucher à Lubeck.

Dans le même temps, Talleyrand adressa à Désaugiers le décret du blocus continental avec mission de le communiquer au premier ministre danois, comte Joachim deBernstorff, et au prince royal, régent du royaume pendant la maladie de Christian VII : « Ce n'est point seulement l'intérêt de la France et celui de ses alliés, disait Talleyrand, que S. M. I. a eu pour objet lorsqu'elle a publié le décret du 21. C'est encore l'intérêt de tous les peuples navigateurs, commerçants, industrieux. S. M. se persuade donc que le gouvernement danois ne refusera point de la seconder, et qu'il ne tolérera dans les Etats du Danemark aucun bureau de poste anglais ni l'établissement d'aucun courrier avec l'Angleterre. Vous devrez en faire formellement la demande. » Le Danemark

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