I. AIT. Étr., Corr. de Danemark, vol. 179, f
LES TUAMES DE FON TAIISEBLEAU 217
était en outre Invité à retirer la plus grande partie des troupes qu'il avait concentrées à sa frontière : « La garantie la plus efficace du Danemark est dans le maintien de ses relations d'amitié avec la France, dans son union avec une puissance dont les intérêts ne sont nulle part en concurrence avec les siens et qui ne désire que sa prospérité. »
Désaugiers vit le comte de Bernstorff et le prince royal à Kiel; il fut fort aimablement reçu. On entendit avec complaisance ce qu il avait à dire ; on objecta que le Danemark avait le plus grand intérêt à demeurer neutre; s'il se prononçait pour un accord étroit avec la France, il risquait d'y perdre aussitôt la Norvège et toutes ses colonies, et l'empereur iNapoléon n'y gagnerait rien. Pourtant ils se déclaraient prêts à s'entendre avec la France et avec les autres puissances de l Europe, pour rétablissement d'un nouveau système maritime. En vérité ils étaient très anxieux à se voir dès lors enserrés entre la France et l'Angleterre.
Quelques semaines après, Didelot était nommé ministre de France à Copenhague.
Lorsque, conformément aux stipulations de Tilsit, le gouvernement russe lit offrir sa médiation à celui de Londres, M. Canning répondit à l'ambassadeur de Russie, M. d'Âlopéus, qu'il aimait à penser que la paix de Tilsit et les principes sur lesquels la France était prête à négocier pourraient amener une paix honorable et sûre, mais que Sa Majesté Britannique attendait avec la plus vive sollicitude la communication des actes signés à Tilsit. Jusqu à ce qu elle ait reçu cette importante communication, il lui était impossible de faire une réponse plus explicite à la note de M. d'Âlopéus^
 la vérité, malgré cet air de dignité un peu hautaine, la paix conclue entre la France et la Russie avait jeté les Anglais
I. Lcl'ebvre, Histoire des cabinets de l'Europe, III, i3i : noie de M. Canning, du 5 août 1807.
2l8 L ALLEMAGNE ET L OCCIDENT APRÈS TILSIT
dans la plus vive anxiété : il leur était impossible pour longtemps de compter sur une paix honorable. Le décret de Berlin posait la question du droit maritime sur le ton d'un ultimatum : il faudrait peut-être renoncer aux principes où s'était fondée depuis un siècle la suprématie de l'Angleterre sur les océans. En attendant, on se trouvait en présence d'une véritable coalition du continent, ou au moins d'une reconstitution des Ligues de 1780 et de 180 1 : la Suède apparemment serait obligée d'y entrer, comme le Danemark, comme peutêtre aussi le Portugal : toutes les flottes du continent à la disposition de l'Empereur des Français, ou au service de ses ambitions. La situation était plus critique qu'en 1801 et en i8o5.
Le suprême danger inspira au gouvernement de Londres une résolution d'une extrême énergie, celle de briser en plein centre le front d'attaque que l'Empereur disposait contre l'Angleterre de Saint-Pétersbourg à Lisbonne.
Il ordonna une concentration navale devant les détroits danois ; il y rappela les vaisseaux qu'il avait à Stralsund ; car cette place était sur le point de se rendre : elle se rendit en effet aux Français le 21 aollt^
Le 3 août, l'amiral Gambier se présenta devant Copenhague avec une flotte de 36 vaisseaux et un corps de débarquement de 3o.ooo hommes commandés par Lord Cathcart. Le ministre anglais Jackson se rendit à Kiel auprès du Régent et lui remit un ultimatum extraordinaire : — Alliance du Danemark avec l'Angleterre et livraison de sa flotte jusqu'à la paix générale; sinon, bombardement de Copenhague.
Didelot courut chez le comte de Bernstorff et crut devoir lui déclarer que la réception de l'escadre anglaise dans un port danois ne pourrait être considérée par la France que