I. Aff. Etr., Corr. de Russie, vol. 144. f
■iib L ALLEMAGNE ET L OCCIDENT APRES TILSIT
Voici ce que >apoléon répondit à Tolstoï :
On n'évacue pas comme on prend une prise de tabac*. Il faut causer, il faut s'entendre. Je ne suis pas obligé d'évacuer la Prusse ; il n'est pas question de cela dans le traité de Tilsit, et il y est formellement question de l'évacuation de la Moldavie. Il y a une convention de Kœnigsberg pour l'évacuation de la Prusse ; mais elle ne regarde pas la Russie, qui n y est pas intervenue ; il y a aussi une convention de Slobodzié, que le tsar n a pas ratifiée : chacun protoge ses alliés comme il l'entend. — Je ne refuse pas de ratifier la convention de Kœnigsberg; je ne demande même qu'à l'exécuter, tout de suite : il suffit que la Prusse paie ses contributions. Car je ne suis pas un méchant homme ; ainsi je vais ramener les troupes françaises en-deçà de la ligne de la Yistule, pour que la reine fasse tranquillement ses couches à Kœnigsberg. Je ne peux pas évacuer le reste du pays prussien ; car l'occupation de la Prusse est une combinaison utile à la politique générale du continent : elle fait pression sur l'Angleterre et contribuera à la forcer à la paix -.
Il n'y avait pas grand' chose à répliquer.
Savary rappelé de sa mission temporaire, Caulaincourt fut nommé le 12 novembre ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Il y arriva le 17 décembre. Il fut logé au palais Wolkonski ; son audience chez 1 empereur Alexandre fut comme triomphale; il fut l'objet, de la part de la famille impériale, des attentions les plus délicates ; il y répondit le plus gracieusement du monde : les tapis du palais, étant de laine dure et sèche, écorchaient les genoux de la jeune grande-duchesse ; il fit venir de Paris deux petits tapis de la Savonnerie, de laine douce et bien veloutés ; et