‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 122 sur 235 · I. AIT. Étr., Corr. de Russie, vol. 146, f · texte numérisé non relu

I. AIT. Étr., Corr. de Russie, vol. 146, f

LA PREMIERE EPREU^■E DE L ALLIAT^îCE FRANCO-RUSSE 289

voulait que l'armée française passât par Constantinople et rarmée russe par le Caucase' ». Et ce plan de campagne, qui pousse la Russie vers TAsie, si platonique qu'il soit, est assez expressii".

D ailleurs, ajoutait Caulaincourt, cela est la besogne de deniain ; ce qui presse, c'est d'agir contre l'Angleterre, selon la lettre du traité de Tilsit, de se déclarer contre la Suède. Et en effet, sur ses instances, le gouvernement russe commença de préparer une action militaire sur la Finlande ; il fallait bien que les belles de Saint-Pétersbourg ne pussent plus entendre de leurs fenêtres le canonsuédois .

Malgré celte intention galante, l'opinion à Saint-Pétersbourg n'approuvait pas la politique d'Alexandre ; il avait peut-être encore « foi » dans les bénéfices de l'alliance française ; mais le nombre des hérétiques ne diminuait pas, et leurs convictions ne désarmaient pas.

Là-dessus le prince Guillaume de Prusse vint à Saint- Pétersbourg, et demanda, lui aussi, l'évacuation de la Moldavie, puisque c'était la condition de l'évacuation de la Prusse. Le bruit courut en Russie que la signature d'un traité franco-anglais était imminente, et que la France et l'Angleterre allaient se retourner ensemble contre la Russie. Caulaincourt dut rassurer Roumiantzoff.

Les plus passionnés , dans l'entourage immédiat d'Alexandre, lui conseillaient de marcher sur Constantinople et de la prendre, comme l'empereur Napoléon avait pris Lisbonne. Napoléon eut peur de ce coup de force, car c'est sans doute ce qu'il aurait fait s'il avait été alors chargé des destinées de la Russie. Et, comme il avait des combinaisons pour tous les cas, il chercha quelques sûretés du côté de l'Autriche ; Talleyrand en causa avec Metternich ; Napoléon

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