I. Art", Élr., Corr. de Naples, vol. i3i, f
de Florence ; elle avait prétexté l'insuffisance de ses moyens financiers.
En septembre 1806, Napoléon avait envoyé comme ministre à Florence Hector Aubusson La Feuillade, qui avait pris aussitôt, à regard de la politique de Marie-Louise, le ton d'un censeur très sévère. Il s'acharnait contre elle peut-être pour être agréable à la princesse de Lucques qui convoitait la Toscane. Il reprochait à ses ministres de demander à ceux qui les sollicitaient s'ils élevaient bien leurs enfants dans la crainte de Dieu et la haine des Français, de réserver toutes les fonctions à des ennemis de la France. Il y avait peut-être du \Tai.
Il faut dire qu'Aubusson avait de tous les Bourbons une haine vigoureuse. Il eût voulu qu'on les chassât tous de l'Europe et qu'on les établît en Amérique, ce qui ne pouvait manquer d'être avantageux pour tout le monde : le roi d'Espagne au Mexique, la reine d'Etrurie à Cuba, le roi de Portugal au Brésil ; il serait alors facile d'ou\Tir au commerce le canal de ÎNicaragua et ce serait une route nouvelle pour attaquer les Anglais dans l'Inde : adaptation ingénieuse des idées de Christophe Colomb au système continental de Napoléon.
Dès le moment de la rupture avec l'Angleterre, la régente avait été invitée à prendre des mesures contre le commerce anglais ; elle ne s'y était pas prêtée. Livourne et tous les ports de la côte avaient été occupés par des troupes françaises. Au lendemain de Tilsit, par l'application du blocus continental, le général Miollis arriva à Livourne, fit confisquer et détruire toutes les marchandises anglaises qu'il y trouva, taxa le gouvernement à 60.000 francs de contribution mensuelle pour l'entretien des troupes françaises. La reine écrivit à l'Empereur quelle n'avait point de ressources : on lui conseilla de prendre quelques biens des ordres religieux, de faire comme toute l'Italie, de « marcher avec son siècle ».
VENISE. FLORENCE. ROME :2Jj
Elle s'effrayait de ce qui se préparait contre elle. Lorsqu'elle sut que l'Empereur allait venir en Italie, elle exprima le grand désii- de l'aller voir à Milan ; elle y mit un empressement méritoire ; elle avait hâte de le voir ; elle voulait partir avant qu'il ne fût annoncé. « De toute part, lui écrivaitelle le 2 novembre, on m'annonçait que \otre Majesté était sur le moment d'arriver à Milan : on est bien facile à croire ce qu'on souhaite ; ce pour ça [sic) que je me déterminai de partir pour Milan pour avoir le plaisir de voir Votre Majesté. » Et elle tenait la main du petit roi, pour lui faire mouler une belle page d'écriture pleine de témoignages d'affection et de reconnaissance pour l'Empereur ' .
A cette date, elle n'était plus reine d'Etrurie. Le traité de Fontainebleau, du 27 octobre, venait de donner son royaume à la France, lui réservant en échange une part du Portugal, le royaume de Lusitanie septentrionale. Elle en eut communication le 24 novembre; le 10 décembre, 2.000 Français entrèrent à Florence sous le commandement de Miollis. Le 12, la régente partit avec son fils. Le soir même, la princesse de Lucques vint coucher à Florence, dans l'espoir sans doute d'y coiffer bientôt une autre couronne.
Le général Reille, aide de camp de l'Empereur, vint prendre en son nom possession de la Toscane. Il y installa d'abord une junte de conseillers d Etat pour la transmission des pouvoirs. Puis le sénatus-consulte organique du 24 mai 1808, confirmé par un décret impérial rendu à Rayonne le 3o mai, prononça la réunion à l'empire des duchés de Parme, de Plaisance et des Etats de la Toscane. Les duchés de Parme et de Plaisance formèrent le département du Taro ; les Etats de Toscane formèrent ceux de TArno (Florence), de la Méditerranée (Livourne) et de l'Ombrone (Sienne).
Un peu plus tard, le 2 mars 1809, un autre sénatus-con-