Cf. du Casse, Mémoires de Joseph, IV, .246-247, note
2. Cf. P. Marmottan, Lucien Bonaparte et Napoléon en 1807 , dans la Revue historique, t. LXXIX, mai 1902.
les populations de la région de la mer Adriatique ; il lut les dépêches de David, consul à Traunik, de l'adjudantcommandant Mériage, en mission à Widdin.
Ce voyage de Venise est une vue sur l'Orient, comme le voyage de Mayence, en 1804, avait été une vue sur TAllemagne, avant la destruction du Saint-Empire. Talleyrand avait écrit à Joseph au lendemain diéna :
« Une campagne si brillamment commencée doit finir bientôt. Il ne restera d'affaires à terminer en Europe que celles de Sainte-Sophie '. »
Napoléon veilla à l'application du blocus continental en Italie. Mais le blocus contre l'Angleterre n'explique pas tout ce qu'il fit en ce pays.
Il n était pas content de la régente d'Etrurie. Dans le temps où les démêlés qu'il avait avec la papauté prenait de la gravité, elle laissait au clergé de son royaume une influence prépondérante. Elle faisait de fréquentes et longues retraites dans les couvents, aux Camaldules, à Vallombreuse, à Arezzo, à Cortone ; elle avait un culte fervent pour la Vierge miraculeuse qui avait aidé les Arrétins à chasser les Français en 1799. A la date où nous sommes arrivés, elle créa une Académie de religion, ou députation des bonnes mœurs, qui fut une sorte de tribunal secret d'inquisition. Elle laissait publier de nombreux pamphlets contre la France et contre l'esprit philosophique venu de France. Le jeune roi son fils vivait au milieu des moines, des reliques et des ornements d'Eglise, et cette politique semblait avoir ainsi devant elle de l'avenir.
Ce fut sa condamnation. Elle n'avait même pas pour l'Empereur les égards indispensables. Lors du couronnement de Milan en i8o5, elle n'avait rien fait pour aller le saluer au passage, sinon à Milan, du moins à Bologne, à douze heures