‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 135 sur 235 · CORFOU · texte numérisé non relu

CORFOU

Napoléon d'ailleurs trouva ces i.5oo hommes absolument insuffisants ; il ordonna que César Berthier fût rejoint tout de suite par le général Donzelot, avec 4 à 5. 000 hommes. Joseph fut chargé d'organiser tout le ravitaillement en vivi-es et munitions. Il demanda si, en conséquence, César Berthier restait sous son commandement direct, et si ainsi les Iles Ioniennes devaient former une province du royaume de Naples. Il lui fut répondu que, détachées de l'armée de Naples, les troupes de Corfou devaient être payées et ravitaillées par le roi de Naples, mais que Corfou n'appartenait pas au royaume de Naples et devait être tout entier « dans les mains de la guerre ». Joseph comprit qu'en cette affaire il n avait que le droit d'obéir et de payer.

Corfou, en vérité, était un morceau de l'empire, un avantposte, à l'entrée des pays balkaniques, comme Wesel à l'entrée de l'Allemagne.

César Berthier eut une autre idée malheureuse ; il estima qu'il convenait de laisser au pacha de Janina, Ali de Tébéleni, les villes de la côte épirote, Parga, Butrinto, Prevesa, Delvino, qu'il réclamait, quoiqu'elles eussent toujours fait partie du gouvernement des Iles Ioniennes, depuis le temps de la domination vénitienne. César Berthier se fit encore une fois rappeler à l'ordre. « Il y a dans cette proposition de la folie, disait Napoléon à Joseph... Faites-moi connaître pourquoi on n'occupe pas Butrinto ni les autres points du continent qui appartiennent aux Sept-Iles?... Faites ce que je vous dis scrupuleusement puisque vous ne savez pas mes projets ' . » Comment César Berthier ne comprenait-il que la possession de Corfou n'ofiFrait aucun intérêt si elle n'était pas le moyen d'aborder sur le continent balkanique?

Mais dès lors il fallait compter sur l'hostilité du pacha de Janina et des autres pachas de la région. Ils confondaient

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