I. Âff. Etr.. Corr. de Russie, vol. i.}4, f
qu'on prenne la question en quelque sens que ce soit, il est impossible que la dispute de Constantinoplc n'amène pas la guerre entre la France et la Russie \
C'est déjà une annonce de la guerre de 1 8 1 2 ; elle fait honneur à la perspicacité de Champagny. Aussi bien l'évidence de ces déductions était-elle éclatante.
Ce rapport fut approuvé par l'Empereur, puisque les termes en furent repris et développés dans la dépêche de Champagny à Caulaincourt, en date du 9 mars^, au moment même 011 la négociation de Saint-Pétersbourg allait aboutir à des conclusions. On reconnaîtra dans cette dépêche bien des formules évidemment dictées par Napoléon et frappées de sa marque :
« L'Empereur voit avec peine que, dans vos conférences avec l'empereur Alexandre et son ministre, on mette sans cesse en avant quelques discours qu'il n'a pas tenus dans le sens qu'on leur attribue et qu'on les oppose à ses engagements aussi clairs qu'inviolables qui sont consignés dans les traités de Tilsit et qui seuls peuvent faire titre pour les parties contractantes.
« Deux traités ont été signés à Tilsit, le traité de paix et le traité d alliance,
« Par le premier la France s'engage à évacuer les provinces restituées au roi de Prusse ; la Russie s'engage également à évacuer la Moldavie et la Valachie.
« Par le traité d'alliance il est dit que sil'Angleterre refuse la médiation offerte par la Russie, la Russie déclarera la guerre à l'Angleterre ; 1 Empereur des Français s'engage également à réunir ses forces à celles de l'empereur Alexandre pour soumettre l'empire turc, si la Turquie refusait la médiation de la France.