I. AIT. Elr. , Corr. de Russie, vol. 146, f
3oo L AFFAIRE DESPAGNE
autrefois un seul brick. Les Anglais auront aussi envoyé des troupes de terre. Occupés, comme ils le sont, de l'Espagne, et ayant le plus grand intérêt à profiter de son agitation qui ne peut être que momentanée, ils perdront de vue la mer Baltique. L'Empereur aura ainsi fait une excellente diversion en faveur de la Russie, et les ports de Cronstadt et de la Livonie lui de%Tont leur tranquillité et leur sûreté ' ». Et pourtant Alexandre n'en eut pas une grande reconnaissance.
ARAKJUEZ
Nous avons déjà rencontré quelques épisodes de l'affaire d'Espagne dans le développement de la politique napoléonienne'. Il est nécessaire de les grouper maintenant pour expliquer la crise de 1808.
L'Espagne était étroitement liée à la France depuis le premier traité de Saint-Ildefonse de 1 796 ; elle n'y avait rien gagné, qu'une pénible situation financière ; elle y avait perdu des colonies, la moitié de Saint-Domingue, la Louisiane, la Trinité. Elle y avait perdu les meilleurs éléments de sa flotte de guerre, à Trafalgar, et la victoire d'Austerlitz n'avait été une compensation que pour la France. Il n'est pas étonnant que l'alliance française eût dès lors peu de partisans à la cour de Madrid.
Pendant la négociation de 1806 entre la France et l'Angleterre, on se souvient qu'il fut question d'assurer la Sicile à Joseph Bonaparte devenu roi de Naples ; il fut question aussi d'indemniser les Bourbons de Sicile en les établissant aux îles Baléares. Il ne fut pas question d'en demander la permission au gouvernement espagnol et de lui assurer quoi