I. Correspondance, XIII
LA SITUATION POLITIQUE EN" OCTOBRE l8o6 29
vernement, s'excusait sur répuisement de l'Autriche qui, depuis la dernière guerre, n'avait besoin que de repos.
Napoléon prit des mesures militaires comme si l'Autriche avait dû sortir de ce repos. Il fit fortifier Zara et donna des ordres pour l'approvisionnement de Raguse. Il désigna Miollis pour organiser la défense de Venise. Il fit faire de solides armements à Mantoue. Eugène fut destiné d'avance au commandement en chef de l'armée d'Italie. « Cependant ne faites aucun mouvement, lui écrivait l'Empereur ; ces dispositions sont de simples précautions, et rien n'est plus pacifique que le langage de l'Autriche. » Et encore : « Je suis bien avec l'Autriche, qui me proteste de son désir de maintenir la bonne harmonie. Dans cette situation des choses, il faut que Palmanova soit bien approvisionnée, qu'il n'y ait en Istrie que ce que l'ennemi ne pourra prendre... » ^ L'ennemi? Ce ne pouvait être pourtant que l'Autriche.
Napoléon prit plus de précautions encore contre TAngleterre. Pendant tout son règne, il fut hanté par le souci d'une descente anglaise sur les côtes de l'Empire, en Bretagne, ou en Hollande, ou en Italie ; un jour, il avait donné des ordres pour que le champ de bataille de Marengo fût mis à l'abri de toute surprise. Il est en eiïet étonnant que l'Angleterre n'ait jamais fait de tentative sérieuse de débarquement, que celle de Walcheren en 1809. Il est vrai qile Napoléon, à partir de i8o5, ne fit plus rien pour descendre en Angleterre.
Quoiqu'il en soit, le 3o septembre, en passant à Mayence, il donna des ordres pour le cas d'un débarquement anglais en Hanovre, ou à Boulogne, Cherbourg, Brest et Toulon : « Dans la saison actuelle, observait-il, l'ennemi ne peut riea tenter contre Bordeaux ni contre Belle-Ile... Au surplus, le remède à tout, c'est le prompt rassemblement de la gendarmerie, les compagnies de réserve départementales, la forma-