LEUROPE AU MOMENT DE BAYLEN
C'est Napoléon maintenant qui allait avoir besoin de l'entrevue.
Avant de quitter Bayonne, Joseph mis sur la route de Madrid, Napoléon reportait son imagination, avec une sorte de joie triomphale, sur les chemins de l'Orient ; il envoyait à son bibliothécaire Barbier les instructions suivantes : Rédiger des mémoires sur les campagnes qui ont eu lieu sur l'Euphrate et contre les Parthes, à partir de celle de Crassus jusqu'au vuf siècle, en y comprenant celles d'Antoine, de Trajan, de Julien, etc. ; tracer sur des caries d'une dimension convenable, le chemin qu'a suivi chaque armée, avec les noms anciens et nouveaux des pays et des principales villes, des observations géographiques du territoire, et des relations historiques de chaque expédition, en les tirant des auteurs originaux \ En sa pensée, il agitait ensemble les entreprises d'Alexandre le Grand et des empereurs romains.
Baylen le tira de ce rêve.
L'effet moral en fut sur l'Europe plus profond que celui de Pultusk ou d'Eylau. La victoire des guérillas espagnoles révélait des forces nouvelles, sur lesquelles les ennemis de la France fondèrent des espérances immédiates et la certitude que la domination napoléonienne avait des bases fragiles, que dès lors elle ne durerait pas bien longtemps : car chacun croit fort aisément ce qu'il craint ou ce qu'il désire.
Le 1 1 août, le baron de Stein présentait au roi de Prusse un « exposé de la situation de l'Europe ». Il y conseillait le maintien d'une entente secrète avec lAngleterre et l'Autriche, et, en attendant l'occasion de la délivrance, la préparation lente et méthodique d'un soulèvement national, comme jadis en Vendée et présentement en Espagne^. C'est le lien entre Baylen et Leipzig, avec des transitions entre les deux. Car il y