I. Aff. Étr.. Corr. de Russie, vol. 1.47, f^ i6j
LA CONVENTION Dl. 8 SEPTEMBRE 1808 347
longtemps ; il dit pourtant à Caulaincourt sa satisfaction, son dévouement à l'alliance; il fixa la date de l'entrevue au 27 septembre. En attendant, l'ambassadeur fut comblé de prévenances, comme Tolstoï à Paris ^ : elles étaient placées à intérêts. L'empereur de Russie expliquait tous les services qu'il avait rendus à son allié, sa déclaration de guerre à TÂngleterre, ruineuse pour son empire, l'immédiate reconnaissance qu'il avait faite de Joseph comme roi d'Espagne, en somme la facilité qu'il avait donnée à l'empereur Napoléon d'assurer sa domination sur toute l'Europe occidentale. Caulaincourt faisait observer que la Russie aussi y gagnait, et que, par exemple, la conquête de la Finlande améliorait singulièrement la frontière de la Russie, dans la région même de Saint-Pétersbourg. Cette conversation, du ton le plus amiral, n'était qu'une mise au point des intérêts respectifs et des services réciproques avant le voyage d'Erfurt, un bilan ; car dès lors on faisait des affaires, plus que du sentiment.
La Prusse était déjà en plein travail de régénération"". Stein l'avait inauguré dans toutes les branches de l'administration et notamment dans l'armée ; toutes les forces de l'Etat se tendaient vers le relèvement. Le Tugendbund, récemment fondé dans le vague dessein de préparer la restauration intellectuelle et morale du pays, prenait presque aussitôt les caractères d'une association patriotique, et Stein y travaillait de son mieux.
Mais pour une œuvre pareille il fallait du temps, il fallait des années ; il fallait être dégagé définitivement de l'occupation française. On comprend que la Prusse eût hâte de voir partir les dernières troupes de la Grande Armée. De bonne heure le prince Guillaume, frère du roi, avait été envoyé à Paris pour obtenir l'évacuation. Longtemps ses instances