‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 174 sur 235 · A. Vandal, I · texte numérisé non relu

A. Vandal, I

vues de FEmpererur. Sa Majesté y trouve de nouvelles raisons de soumettre ce pays qui court le double risque de devenir une province anglaise, comme le Portugal l'était autrefois, et d'être en proie à une horrible anarchie qui déjà a renouvelé et presque surpassé tout ce qu'il y a eu d horrible dans la Révolution française. Déjà les insurgés disent qu ils ne veulent plus de rois. Le mouvement est venu de la dernière classe du peuple, et d'un peuple naturellement féroce. Il ne peut être que sanglant et destructeur. L'intérêt de l'humanité , l'intérêt de l'Europe coalisée contre les Anglais, l'intérêt de l'Espagne exige qu'une main puissante arrête ce fléau dévastateur qui menace cette belle contrée de tous les maux que peuvent produire le désordre intérieur et l'asservissement à un joug étranger, et qui, en donnant à l'Angleterre une partie si considérable du nouveau continent, la rendrait de plus en plus la maîtresse du commerce du monde. » Le ministre ajoutait cette recommandation : « Vous ferez bien sentir quelle extrême- déférence pour l'empereur de Russie a pu porter l'empereur Napoléon à évacuer les Etats prussiens sans réclamer l'évacuation de la Moldavie et de la Valachie '-.

Il y avait là une première concession de Napoléon ; elle était, on le verra, plus apparente que réelle. D'ailleurs, pour soumettre l'Espagne, où aurait-il pu prendre des troupes sinon en Prusse ? Et ainsi le premier résultat de Baylen fut la libération du territoire prussien : encore cette mesure futelle bien loin d'être complète.

Vite, avant que le tsar ne pût connaître la capitulation de Baylen, il lui expédia un courrier, pour lui annoncer la résolution qu'il avait prise d'évacuer la Prusse et répéter sa grande joie de l'entrevue prochaine. Il voulait donner à ce bon mouvement le mérite de la spontanéité.

Le moyen était enfantin, \lexandre n'en fut pas dupe bien

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