I. Corr. de Napoléon, XVII
LA CO:SVENTION d'eRFLRT 871
Il y a là-dedans beaucoup de phraséologie. Pour préciser un peu, Roumiantzoff tut chargé d'envoyer à Canning une lettre où on lit : « Sa Majesté m'a chargé de faire connaître à Votre Excellence qu'elle a nommé des plénipotentiaires, qui se dirigeront sur la ville du continent où S. M. le Roi d'Angleterre dirigera ses plénipotentiaires ; et, quant aux bases de la négociation, Leurs Majestés n'ont pas d inconvénient d'adopter toutes celles précédemment proposées par l'Angleterre même, savoir ïuti possidetis, en y comprenant les puissances alliées, et toute autre base fondée sur la justice, et sur la réciprocité et l'égalité qui doivent régner entre toutes les grandes nations. »
Il n'y avait plus qu'à attendre.
Les deux empereurs se séparèrent le i6 octobre avec les plus cordiales, les plus émouvantes manifestations d'amitié. Le comte Roumiantzoff accompagna Napoléon à Paris pour y suivre, de concert avec Champagny, la négociation avec r Angleterre.
On laissait par derrière la Prusse et l'Autriche. La Prusse ratifia la dernière convention de Paris du 8 septembre ; Alexandre lui obtint une petite réduction de sa contribution de guerre qui fut ramenée à 120 millions : c'était assez pour que Napoléon pût laisser quelque temps encore des garnisons françaises dans les places de l'Oder.
Quant à l'Autriche, elle demeurait aussi inquiétante qu'avant l'entrevue d'Erfurt. Napoléon rudoya le baron de Vincent^ ; il ne lui en resta aucun bénéfice. Il écrivit directement à l'empereur François avant de rentrer en France : « Monsieur mon Frère,... j'ai été maître de démembrer la monarchie de Votre Majesté, ou du moins de la laisser moins puissante ; je ne l'ai pas voulu. Ce qu'elle est, elle l'est de mon vœu : c'est la plus évidente preuve que nos comptes