I. Vandal, I
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sont soldés et que je ne veux rien d'elle... Votre Majesté ne doit pas remettre en discussion ce que quinze ans de guerre ont terminé... Cent mille hommes de mes troupes vont à B oulogne pour renouveler mes projets sur l'Angleterre : que Votre Majesté s'abstienne de tout armement qui puisse me donner de l'inquiétude et faire une diversion en faveur de cette puissance... Que Votre Majesté se méfie de ceux qui lui parlent des dangers de sa monarchie et troublent ainsi son bonheur, celui de sa lamille et de ses peuples. Ceux-là seuls sont dangereux ; ceux-là seuls appellent les dangers qu'ils feignent de craindre... Que Votre Majesté me permette un dernier mot : qu'elle écoute son opinion, son sentiment, il est bien supérieur à celui de ses conseils. Je prie Votre Majesté de lire ma lettre dans un bon sens et de n'y rien voir qui ne soit pour le bien et la tranquillité de l'Europe et de Votre Majesté. »
Il y a des formules bien sévères dans cette lettre impériale. Etait-ce assez pour contenir l'Autriche et donner à Napoléon le temps de soumettre l'Espagne ? Car il n'y avait plus que cela qui l'empêchât de reprendre son grand projet de l'Orient.
ÎIAPOLÉOÎJ EN ESPAGNE
Retour dErfurt, Napoléon était à Paris le 19 octobre, à Rayonne le 2 novembre. Il rejoignit son frère Joseph, le roi d'Espagne, le 5 à Vittoria.
Il était dès lors aux prises — moment criticjue de sa carrière — avec la Révolution d'Espagne, avec le 98 espagnol, dit M. Sorel^ mais un 93 monacal, et surtout un 98 insaisissable, épars dans tout le pays, embusqué derrière les rochers ; non seulement une Vendée catholique et royale, mais une Vendée nationale, une Vendée concentrant toutes les forces vives de TEspagne, une Vendée immense, donc invincible.
« L'Espagne voulut rester espagnole avec autant de fanatisme que la France de la Révolution avait mis d'enthousiasme à rester française. »
La Révolution se redressait contre le « fils de la Révolution », tournant de son histoire, avertissement quasi prophétique. Il eût évité les désastres de la fin, peut-être, s'il se fût arrêté là, si, ayant éveillé ou réveillé les nationalités italienne, allemande, espagnole, polonaise, il eût seulement consacré son génie à achever la nationalité française dans ses frontières nationales, à organiser l'Europe des nationalités