I. A. Sorel, VII
■2. Aff. Etr., Corr. de Prusse, vol. 24:», f^ 3oi ; — vol. 244> f'^^ 5, laS.
sur eux, que les véritables intérêts de la Prusse rattachaient à la France, et que, quels que fussent les événements, rien ne les éloignerait plus d'elle^ ».
Avant de retourner à Berlin, ils voulurent rendre à Tempereur de Russie à Saint-Pétersbourg les visites qu'ils avaient reçues de lui depuis Potsdam ; c'était Toccasion aussi de renouveler les sympathies qu'il n avait cessé de leur témoigner, pour y trouver une garantie contre d'autres malheurs toujours à craindre. Ils firent auprès d'Alexandre un long séjour, du 7 au 21 janvier : ils y furent traités avec le plus grand éclat, couverts de cadeaux extraordinaires ; on donna en leur honneur des fêles magnifiques. Il parut que le tsar tenait à les considérer comme les souverains d'un Etat de premier ordre, et par là leur voyage avait bien un certain caractère politique. Sans doute Alexandre P' ne paraît pas avoir pris en leur faveur le moindre engagement; mais, sans rien écrire, l'entrevue de Saint-Pétersbourg renouvelait les souvenirs de Potsdam. Il y avait là, en tout cas, une reprise de relations.
Caulaincourt, qui fut de toutes ces fêtes, affecta de n en pas être ému. Il donna lui-même une brillante réception en l'honneur des souverains prussiens; quant au reste il parut n'avoir d autre souci que devoir si l'intimité renouée d'Alexandre avec M™^ Naryschkine ne serait pas troublée par le voisinage de la reine de Prusse ; il constata que la faveur de M""® Naryschkine était plus éclatante que jamais.
Sans doute il lui fallut admettre aussi que cela n'empêchait point qu'il n'y eût une grande intimité politique entre les cours de Russie et de Prusse. De fait, il y avait tout un souterrain cheminement de Vienne à Berlin, de Kœnigsberg à St-Pétersbourg et de Saint-Pétersbourg à Vienne. Il était utile, même urgent, que Napoléon y prît garde.