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I. Aff. Etr., Corr. de Russie, vol. 147, f* '^^j

NAPOLÉON ET LA RLSSIE CONTRE l'aUTRICHE 3^5

NAPOLÉOM ET LA RLSSIE CONTRE l'aUTRICHE

Pendant toute la campagne d'Espagne, jour par jour, TEmpereur fut au courant des agissements de FAutriche, et il se prépara à y répondre. Il pressa la concentration de Tarmée du Rhin, ramena Davout sur la Saxe et l'Elbe : « Mon cousin, lui écrivait-il dès le 25 octobre 1808, je suis au mieux avec la Russie; je n'ai rien à craindre des Autrichiens; mais, dans tout état de cause, mon intention est de concentrer de plus en plus mes troupes. Je suppose que cette lettre vous trouvera de votre personne à Berlin... Il est nécessaire que vous correspondiez fréquemment avec le ministre de la guerre. »

Le 3 1 décembre, il envoyait à Clarke le décret pour la levée de la conscription de 1809. « Il est indispensable que nous nous tenions prêts au mois de mars, si l'Autriche voulait bouger, et il paraît que cette puissance est vivement intriguée par l'Angleterre. Il sera difficile, si le ministère anglais dure et que la nouvelle de la soumission de 1 Espagne n'amène pas de changement, que les Autrichiens ne fassent pas quelque sottise. »

Le lendemain i'^'' janvier, il précisait au ministre ses ordres généraux pour la formation des armées : tous calculs faits, il estimait pouvoir disposer en Allemagne de 160,000 hommes, sans compter 100.000 auxiliaires delà Confédération, Hollandais et Polonais, en Italie de ido.ooo hommes, « et au total au delà de 4^0.000 hommes à diriger contre la maison d'Autriche, si celle-ci voulait bouger ».

Le 14 janvier, de Valladolid, au moment de repartir pour la France, il donnait les instructions les plus minutieuses pour la défense de la Vénétie, des places de Palmanova et Osoppo, de la ligne de la Piave et de celle du Mincio : il fal-

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lait que l'Autriche comprît que « ce n'était pas une plaisanterie ».

Le i5 janvier, il envoyait des ordres pour la formation complète des contingents de la Confédération du Rhin : il mit toute IWllemagne sur le pied de guerre.

Tout cela parmi des menaces qui sont aussi des moyens d'action : a Les Anglais dominent à \ ienne ; l'Autriche paraît avoir perdu la tête. » A Cambacérès, en le remerciant de ses compliments à l'occasion de la nouvelle année : « J'espère que le même compUment se renouvellera encore une trentaine de fois, mais pour cela il faut être un peu sage... Vous n'êtes pas, je crois, de ceux qu il faut convaincre que, si l'Autriche faisait la guerre, elle sonnerait sa dernière heure. » A Caulaincourt, après avoir passé en revue les moyens qui restent pour contenir l'Autriche : « Si ces moyens sont inutiles, il faut alors marcher contre elle, la désarmer, ou en séparer les trois couronnes sur la tête de trois princes de cette maison, ou la laisser entière, mais de manière qu'elle ne puisse mettre sur pied que 100.000 hommes, et, réduite à cet état, l'obliger à faire cause commune avec nous contre la Porte et contre l'Angleterre. »

'< Napoléon, écrivait Metternich dans le même temps, compte que le bruit qu'il fait en Europe nous effrayera et que nous filerons doux. » En effet, il semble bien que Napoléon ait espéré ce résultat ; mais Talleyrand et Metternich, et la Russie, s'arrangeaient pour que ces menaces fissent long feu.

L'Empereur expédia Joseph à Madrid où il fit sa rentrée le 22 janvier. Lui-même, il quitta Yalladolid le 16 pour être à Paris le 23. Il commença de percer plus à fond, mais non pas encore de part en part, le secret de Talleyrand ; il en découvrit moins qu'il n'en devina, assez pour pouvoir faire au coupable la fameuse scène du 28 janvier. IU'accabla d'invectives; il compta sans doute que Talleyrand se défen-

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