WAGRAM
contre la France ! » Il avait même pensé faire à la Russie les offres les plus alléchantes en lui proposant des agrandissements territoriaux considérables, et même « le duché de Varsovie déjà tout préparé à cette réunion ». Mais il effaça cette phrase, et cette réflexion est significative ; il y avait aussi des conflits d'intérêts entre la Prusse et la Russie.
La nouvelle de la bataille de Wagram fut reçue à Saint- Pétersbourg comme celle d'une défaite : on craignit aussitôt que la ruine de l'Autriche, suivant celle de la Prusse, ne portât d'un coup l'influence française aux frontières et sur les voies de la Russie. Et l'on ne se trompait pas. Des bruits se répandirent sur les intentions du vainqueur, qu'il allait renverser les Hohenzollern comme il l'avait voulu à Tilsit, établir son frère Jérôme à Berlin, et reconstituer la Pologne dans ses anciennes limites jusqu'à la Baltique. De telles imaginations — qui n'étaient pas sans quelque fondement — n'étaient pas pour faciliter le règlement de la question de Galicien
Justement il s'y produisit alors un nouvel incident très regrettable. Poniatowski avec l'armée varsovienne dégageait toute la rive gauche de la Vistule des dernières troupes autrichiennes qui s'y trouvaient. Il les poussa sur Cracovie, arriva devant la ville le 14 juillet et se prépara à l'enlever de vive force. Les Autrichiens étaient très inférieurs en nombre ; ils avaient hâte surtout de rejoindre l'archiduc Charles par la Moravie. Ils abandonnèrent Varsovie, obtenant des Polonais qu'ils n'y entreraient que le lendemain. Mais Galitsyne avait remonté précipitamment la rive droite du fleuve, et en se retirant les Autrichiens lui livrèrent la ville. Le lendemain, Poniatow^sky en trouva les portes occupées par les Russes ; il se fâcha, cette fois, entra à la tête de sa cavalerie, malgré les protestations des généraux russes ; on faillit en venir aux mains, les sabres sortirent des fourreaux. Les uns et les autres