I. Aff. Étr., Coït, de Russie, vol. 149, f
eurent peur des conséquences : Cracoyie fut partagée entre les Russes et les Polonais, en attendant les prochains traités \
Cependant, toutes ces nouvelles augmentaient la fermentation à Saint-Pétersbourg; Topinion publique, très irritable à l'endroit de l'alliance française, faisait une pression menaçante sur les décisions du gouvernement. Alexandre annonça lui-même la bataille de Wagram à Caulaincourt et lui en fit des compliments ; il ne pouvait pas faire autrement ; il lui annonça en même temps la prise de Cracovie par les Russes et les prétentions avancées sur cette ville par Poniatow^ski. Il en montra quelque mécontentement : combien il eût désiré la fin de ces misérables querelles ! Combien il eût été heureux, sans elles, d'aller prendre lui-même le commandement de l'armée de Galicie ! Il ne croyait pas à la paix, et il se réjouissait presque du prochain renouvellement des hostilités : « Si cette guerre n'est pas bientôt terminée, l'Empereur Napoléon verra comme l'armée russe le secondera, lorsqu'on se sera expliqué et qu'il nous aura ôté les justes sujets d'inquiétude que nous avons'. » Il insistait sur la nécessité où il était de tranquilliser ses sujets ; il voulait lui-même « être tranquillisé ». L'alliance n'était décidément plus que conditionnelle, et les traités de Tilsit et d'Erfurtdes chiffons de papier.
Dès lors c'était donc de nouveaux arrangements à prendre. Alexandre et Napoléon échangèrent des notes comme s'ils avaient été dans des camps opposés.
Roumiantzoffvit Caulaincourt et lui déclara, sans ambages, que la Russie était résolue à s'opposer au rétablissement de la Pologne. « Pour l'empêcher, je vous le dis et je vous le répète, nous sacrifierions jusqu'à notre dernier homme; nous vendrions nos chemises... Nous devions nous attendre à une marche plus franche de votre part... Doit on agiter nos pro-