I. Corr. de Nap., XIV
84 LA POLOGî^E. EYLAU
le nombre de campagnes quil faudrait faire un jour pour réparer les malheurs qui résulteraient de la perte de l'Empire de Constantinople, si Famour d'un lâche repos et les déUces de la grande ville l'emportaient sur les conseils d'une sage prévoyance ? * »
De Varsovie, il semble que Napoléon avait dès lors les yeux fixés sur Constantinople. Peut-être même avait-il hâte d'en finir avec la Prusse, par la paix ou par un coup décisif ; peut-être eut-il regret de n'avoir pas laissé aboutir les négociations de novembre, eut-il peur d'être devancé par les Russes à Constantinople.
Quoi qu'il en soit, le 29 janvier, Talleyrand écrivait à M, de Zastrow, le ministre prussien des affaires étrangères : « L'empereur Napoléon, désirant appliquer immédiatement les forces de la monarchie prussienne à la défense et à la conservation de l'empire ottoman, propose au roi, non seulement la paix, mais une alliance qui sera signée sur-le-champ. Le temps presse ; les événements de chaque jour pressent euxmêmes l'empereur Napoléon de prendre un parti, et, une fois qu'il l'aura pris, ni la Russie, ni personne ne le feront changer. Je ne dois pas taire à Votre Excellence que si l'alliance n'avait pas lieu. Sa Majesté Impériale poursuivrait l'exécution de ses vues par une mesure qui écarterait à jamais du trône la maison de Brandebourg ^ . »
Mais la Prusse n'avait pas grand'chose à perdre. Elle venait de signer la veille, 28 janvier, un traité d'alliance et de subsides avec l'Angleterre, en renonçant formellement au Hano^Te ^ .
En cette fin de janvier 1807, la situation était réellement difficile pour Napoléon : la Prusse acharnée à la résistance, la Russie mal vaincue par les batailles des environs de Varso-