‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 47 sur 235 · AIT. Étr., Corr. d'Autriche, vol. 38o, f · texte numérisé non relu

AIT. Étr., Corr. d'Autriche, vol. 38o, f

ETLAU. BARTENSTEIN 83

chiens s'y déguiseraient d'abord en Turcs et en Serbes jusqu'au jour où il serait possible de publier de tels arrangements sans émouvoir trop dangereusement les Turcs. On se demande si Napoléon prenait une telle proposition au sérieux ; mais cela n'a pas une grande importance ; car ce jour-là on n'alla pas plus avant.

Le même jour, 20 janvier, l'Empereur répondit à la lettre que M. de Vincent lui avait apportée de la part de son souverain : « Je ne partage pas moins que Votre Majesté le désir sincère de voir la bonne harmonie, si heureusement rétablie entre nous, se maintenir, et 1 Europe se pacifier. Cette pacification aurait probablement eu lieu sans les circonstances de Constantinople, qui ont précipité l'exécution des projets que la Russie laissait entrevoir depuis un demi-siècle. J'ai dit à M. le baron de Vincent que la puissance russe, non fondée sur une armée plus ou moins forte, mais sur une influence religieuse bien prononcée à l'égard des Grecs, devait un jour resserrer les liens entre l'Autriche et la France. »

Et au sultan Selim, sous même date : « L'armée russe continue à fuir devant moi. Le moment est venu de consolider l'empire des Ottomans. Il faut que Votre Hautesse prenne toutes les mesures énergiques qu'offre la fidélité de ses peuples pour ne laisser à nos ennemis communs aucun instant de repos \ »

Quelques jours plus tard, le 29 janvier, Talleyrand en envoyant à Paris le message que l'Empereur adressait au Sénat, écrivait à M. d'Hauterive : « Je ne crois pas que quelque chose puisse relever la puissance ottomane : elle est, à mon sens, perdue, et la question est de savoir quelle portion en aura la France dans le partage qui nécessairement doit être fait de nos jours. » Mais il faut relire ces éloquentes phrases du Message : « Eh ! qui pourrait calculer la durée des guerres,

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