Schilder, L'ambassade de Tolstoï à Paris ^ p
2. Aff. Étr. Corr. de Vienne, vol. 38o, f'' 90. — A. Lefebvre, Hist. des cabinets de l Europe, III, 44.
LA POLOGÎJE. ETLAU
française sur les routes de Moscou ou de Saint-Pétersbourg ; alors il eût été possible de la prendre à revers * : mauvais prétextes à l'inaction ; égoïsme funeste aux intérêts de la « coalition ». Il est vrai qu'après Austerlitz, le tsar Alexandre avait laissé son allié 1 empereur François en têteà-tête avec Napoléon.
Cependant tout en refusant l'intervention de ses armées, l'Autriche multipliait ses armements : c'était faire au moins preuve de bonne volonté. Il était question de lever une milice de loo.ooo Hongrois, de confier à l'archiduc Jean une grande armée pour envahir la Bavière ; on envoyait des émissaires dans le Tyrol ; on parlait d'un point faible dans la frontière française, vers Bâle, du côté du Doubs ; on parlait d"y porter un coup mortel à la puissance de Napoléon, au cœur même; tout cela restant d'ailleurs à l'état dintenlions, tout au plus.
Napoléon, semble-t-il, s'attendait à ce que l'Autriche se prononçât d'autre manière, tant cela lui paraissait naturel. Talleyrand redoublait auprès d'Andréossy ses recommandations de ménager 1 Autriche et d écrire le plus souvent possible : « Cela est très important dans les circonstances actuelles » (8 mars). Et de nouveau, le 19 mars : « Sa Majesté me charge de vous recommander encore de mettre, non seulement dans vos rapports officiels avec le cabinet, mais aussi dans vos rapports personnels avec M. de Stadion, tout ce qui peut inspirer ou accroître la confiance, et prouver que de notre part le désir d'unir les intérêts des deux Etats ne saurait être plus sincère. Mais en même temps, Sa Majesté vous recommande de tenir les yeux constamment ouverts sur les mouvements et les préparatifs militaires de TAutriche, d'en rendre un compte assidu et d'en informer Son Altesse seigneuriale le prince Eugène et Monsieur le