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Aff. Étr., Corr. de Turquie, 6 déc

120 CONSTANTFNOPLE ET FINK.ENSTEIN

Tannée ; ce qui parut être l'indice des plus considérables événements : toute la population de la Turquie en fut comme électrisée.

Le 5 janvier 1807, sultan Selim lança son manifeste de guerre, une pièce éloquente. Il y rappelait tous les empiétements dont la Turquie avait eu à souffrir de la part de la Russie depuis un demi-siècle, l'occupation de la Crimée, celle de la Géorgie, le soulèvement des Serbes évidemment soutenu par l'argent russe, l'insurrection fomentée dans le Monténégro, enfm la brusque invasion de la Moldavie, au mépris du droit des gens. « La Porte a patienté un mois pour avoir des explications; elle n en a reçu aucune, pendant que les généraux russes, par d hypocrites proclamations, s'efforçaient de séduire même les Musulmans, de rejoindre en Valachie les rebelles de Serbie... Mais enfin la Porte renonce à une patience qui ne serait plus que de la faiblesse. Elle fera la guerre, confiante en son bon droit et en la protection que Dieu accorde aux causes justes. Les Russes seuls seront responsables du sang qui sera répandu et des malheurs qui vont accabler l'humanité ^ .»

Tout cela avait lair décidément sérieux. Cependant Sébastiani n'avait pas confiance, et ses inquiétudes persistaient; il l'écrivait le 24 décembre à Talleyrand : ces excitations musulmanes lui paraissaient être de pures apparences, sans doute éphémères. La Porte était incapable d aucun effort ; les ministres ne savaient prendre aucune des mesures indispensables, n'étaient peut être pas tous disposés à l'action, même ou surtout ceux qui proclamaient les résolutions les plus intrépides. Il fallait encore compter avec les difficultés de la concentration et de la mobilisation des troupes, avec l'inertie ou la mauvaise volonté des janissaires, avec l'anarchie ou l'opposition, avouée ou non, des pachas.

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