Corr. de Napoléon, XV
2. Alf Élr.. Corr. de Perse, 1806 1808, t. î^", p. 170-174. — Arch. Nat , AF. IV, 1686. — Corr. de Napoléon, XV, 210.
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antérieure, jusqu'à llndus, pour étudier les routes, entrer en relations avec les Hindous, préparer les voies d'une autre expédition d'Alexandre le Grand.
Napoléon n'y passa jamais. Mais nous voulons voir dans ces approches préparées pour lui par ses agents les signes avant-coureurs d'une renaissance qui sans doute maintenant ne tardera pas à rendre aux pays du Tigre et de l'Euphrate, de la Syrie et de la Mésopotamie, leur splendeur d'autrefois et l'incomparable fortune dont ils sont capables.
Ainsi, dans ces premiers jours de juin 1807, au moment où Gardane emportait vers l'Orient les rêves de l'Empereur, la pensée de Napoléon embrassait tout l'ancien monde, de l'Océan Atlantique à l'Indus, et tout cet immense espace était le domaine de son activité infatigable.
Aux extrémités de l'Occident, il était toujours en garde contre l'Angleterre, en crainte d'une descente sur quelque point des côtes de l'empire, qui eût fait une brèche dans le système du blocus continental. Par stratégie plus que par représailles, il ordonnait à Brest des préparatifs destinés à une attaque sur l'Irlande ; il stimulait Junot à des inspections fréquentes dans les camps de Boulogne, Saint Lô, Pontivy, Napoléon- Vendée ; il avait un corps d'observation de l'Escaut concentré à Anvers ; en Italie, il veillait aux fortifications de Castcllamare devant Naples, d'Osoppo devant Venise, d'Alexandrie devant le champ de bataille de Marengo, qu'il ne voulait pas qu'on insultât : il l'eût pris pour un mauvais présage.
Et la conscription de 1808, déjà anticipée, remplissait les \ides des garnisons de l'intérieur.
Au centre de cet ordre gigantesque de bataille qui enveloppait tout le continent, Kellermann, à Mayence, commandait sur la ligne du Rhin une forte réserve.
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appuyée à gauche sur la Hollande , 1 ' Ems , la mer du Nord.
Jérôme, en Silésie, surveillait la Bohême et la Moravie, TAutriche encore enserrée au sud-ouest par l'armée d'Italie, lentement et méthodiquement poussée sur Innsbrûck,
Sur la mer Baltique, Brune tenait tout le rivage de TEms à rOder, son quartier général à Schwerin; Mortier de FOder à la Vistule, disponible un moment par l'armistice imposé à la Suède, le front sur Danzig. Glarke était à Berlin, auprès de Daru.
Et d'un bout à l'autre de l'Allemagne, les régiments se suivaient d'étape en étape, de Mayence à Weimar, Wittenberg, Posen, Marienverder, pour renforcer l'armée d Eylau, remplacer les morts tombés sur les champs de neige ; du Rhin à la Vistule, c'était le sang généreux de France qui circulait à travers tous les corps de la Grande- Armée pour les nourrir et suffire à la dévorante pensée du conquérant.
L'Empereur est à Finkenstein, en avant du formidable armement qui tient l'Europe sous sa volonté, face à la Russie, aux portes de l'Orient. Danzig tombe le 26 mai, la gauche est couverte. La Pologne est à cheval, prête à charger, à se dévouer. A droite, la Turquie et son grand-vizir sont sur le Danube. A l'extrême droite, les Persans d'Abbas-Mirza brûlent de franchir le Caucase, de courir sur Moscou.
Tout est prêt. L Autriche, habilement contenue, ne bouge plus. L'herbe pousse aux plaines de la Prusse Orientale, pour nourrir les chevaux de la conquête ; après six mois de piétinement dans la boue et dans les embarras diplomatiques, la saison est revenue d'une vigoureuse offensive ; la nature ellemême s'y prête.
L'épée impériale, fortement tenue dans la main de Napoléon, pointe sur les Russes.
Le 14 juin, ils sont écrasés à Friedland.
Etonnante victoire, dont la valeur se mesure aux circons-
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tances qui l'ont précédée. Gomme on voudrait analyser l'impression produite sur le vainqueur ! Mais il ne la témoigna jamais, estimant sans doule le résultat naturel : sang-froid prodigieux dans le triomphe comme plus tard dans le désastre : l'homme du destin !