X. Correspondance de Napoléon, XV
■2. A. Sorel, VII, 169. — A. Lefebvre, III, 84.
LA A^ILLE DE TILSIT 1^7
Mais Alexandre craignait, — et Czartoryski entretenait cette inquiétude — , une insurrection générale de la Pologne, de la Lithuanie, jusqu'à Smolensk, jusqu'aux portes de Moscou, une invincible réaction polonaise contre l'action russe du xvn" et du x\in'' siècle, un formidable reflux de Ihistoire.
D'ailleurs y avait-il encore une armée russe? On lit au 80^ Bulletin de la Grande- Armée : « On a vu, vers Tilsit, une nuée de Kalmoucks se battant à coups de flèches^ .» Beaucoup de généraux russes avaient perdu toute confiance, et l'opinion publique en Russie n'était pas encore prête aux épreuves de l'invasion ; il semble au contraire qu elle ne les eût pas acceptées.
Alexandre, demeuré aux environs de Tilsit avec le roi de Prusse et Hardenberg, fut obligé de constater l'impossibilité de continuer la lutte. Bennigsen lui même lui conseilla de négocier un armistice, du moins pour gagner du temps afin de refaire quelques troupes.
Ainsi peu à peu la pensée de lempereur de Russie fut inclinée vers la paix.
Il était mécontent de ses alliés ; c'est la conséquence ordinaire des défaites. L'Autriche, qui s'était retirée si vite delà lutte au lendemain d'Austerlitz, avait refusé d'intervenir même au lendemain d Eylau ; l'empereur François s'était contenté d'envoyer au quartier général français le baron de Vincent, avec une proposition de médiation, mais non avec un ultimatum ; comme Haugwitz en i8o5, il attendait le résultat des combats, prêt à se prononcer pour la Russie si elle était victorieuse. « Battez-les encore deux fois », disait l'empereur d'Autriche aux envoyés de la Russie, avant Friedland. Ce n'était pas si commode.
L'Angleterre n'avait pas fait plus pour la coalition, que de 1 exciter vigoureusement et de la payer, petitement. Ce-