I. Correspondance de Napoléon, XV
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pendant elle ne travaillait que pour soi, dans la Méditerranée, en Egypte, en Amérique. Le tsar s'en était plaint avec amertume à Lord Gower, l'ambassadeur d'Angleterre à Saint-Pétersbourg : « 11 m'est impossible, écrivait-il au vice-chancelier Kourakin, de continuer la guerre seul, n'étant pas soutenu par mes alliés. L Angleterre sest mal conduite dès le commencement^ .»
Pourquoi la Russie eût-elle continué de sacrifier ses intérêts particuliers à la cause commune?
Le baron de Budberg lui-même, le chancelier de Russie, qui avait été l'homme de la coalition, et qui répugnait toujours à une entente avec la France, se plaignait de la conduite de 1 Angleterre et de 1 Autriche. « Le système d isolement des puissances cointéressées a mis Sa Majesté dans le cas de se borner à ne considérer que les intérêts et la gloire de son empire, et l'a décidée à faire négocier un rapprochement avec le gouvernement français. Si le but de la guerre n'est pas atteint, s'il n'a pas été mis de bornes à la domination delà France, ce ne sera pas à nous de se le reprocher, ni de le regretter '^ » .
C'était, pour quelques années, la fin de l'idéalisme international delà politique russe, du désintéressement, au moins apparent, de la lutte pour « l'Europe ». G était l'inauguration d'une politique uniquement russe, d'une politique nationale.
Il importe pourtant de faire ici tout de suite une réserve : la Russie n'abandonna pas la Prusse autant qu'on la dit. Il est vrai qu'elle avait un intérêt capital à défendre son indépendance.
Enfin parmi les idées qu'agitait l'empereur Alexandre en ce moment critique, il y avait encore, et surtout, la curio-
1. J. H. Rose. Life of Napoléon, II, 126-128. — S. Tatistcheff, Alexandre /"■' et Napoléon. i33.