‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 10 sur 139 · LIV. Il, GHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. Il, GHAP. III

Napoléon avait pour lui le choix d'une grande ^ nation, il avait son génie prodigieux et une gloire \ sans égale , causes éternelles de jalousie. Sa clémence, sa générosité, ne pouvaient que prouver la justice de cet adage , que les princes sont d'illustres ingrats '.

Napoléon était trop homme supérieur pour n'avoir pas aperçu les deux routes qui s'ottvraient devant lui. Il crut sans doute suivre la bonne en.s'éloignant des principes de la révolu-* tion ; mais l'abus d'une chose ne prouve pas son dé&ut. Napoléon craignit la démocratie, à cause des excès de 1793; il craignit la puissance populaire , à cause des troubles sous les assemblées et les conseils : mais dans ces temps c'était le chaos, tout était en fijsion ; il fallait que le mouvement s'achevât , et que le calme succédât à la tempête. . Napoléon lui-même apparut coipme lé génie qui devait séparer ces éléments qui se heurtaient avec tant de violence; l'ordre se rétablit, chacun reprit sa place , et la société fut réorganisée. Le danger avait disparu et ne devait plus renaître sous un gouvernement héréditaire et constitutionnel.

> On ne contestera pas au moins ce fait , que Napoléon a rendu de grands services à plusieurs princes , et qu'il en a ëkytf d'autres sur le trdne*

^S wAPOLÉoir ET l'etjrope.

Il ne faut pas oublier que ce que Ton appelait la démocratie de la révolution française se composait tie quelques hommes farouches et de la dernière classe de la société , c'était l'ochlocratie. La démocratie comprend tout le peuple, ayant à sa tête la classe éclairée et la classe inidustrieuse. Quant à cette classe d'hommes qui n'a ni feu ni lieuy et que l'on désigne sous le nom de populace, elle sera toujours une plaie pour le gouvernement quel qu'il soit , parceque l'ordre ne peut lui profiter.

Napoléon voulut gouverner les peuples avec les rois , tandis que c'était avec les peuples qu'il devait maintenir les rois ; entre lui et les rois il n'y avait pas de cohésion , entre les peuples et lui l'union était intime; il lui fallait vaincre une seule fois avec les peuples , avec les rois il fallait qu'il vainquit toujours.

Toujours attaqué et toujours vainqueur , Napoléon avait une belle occasion de changer la face de l'Europe. Le droit d'intervention, reconnu parles puissances en 1792, pouvait leur devenir funeste. Si elles croyaient avoir le droit de se mêler des affaires intérieures de la France, la France, àson tour , pouvait se croire le droit de se mêler des leurs. Napoléon avait d'ailleurs le droit du plus fort , dont on a plus qu'usé à son égard.

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