‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 11 sur 139 · LIV. II, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. III

L*empereur était maître de lltalie. Après la bataille d'Austerlitz il était maître de rAUemagne, l'armée autrichienne était détruite , les restes de l'armée russe fuyaient dans leurs déserts. Si , au lieu d'arrêter sa marche victorieuse, Napoléon l'eût continuée, la Pologne accourait sous ses aigles, et, par un mouvement de conversion à gauche , il revenait sur le Rhin et chassait devant lui l'armée prussienne ; par un mouvement inverse, après Friedland, il soumettait à ses armes les rives du Danube. Cent mill%hoipmes à cheval sur le Niémen , et soutenus par les braves Polonais , assuraient ces conquêtes.

Et comme il fallait que , pour être dévoués au vainqueur, les peuples conquis gagnassent à la conquête , le devoir de l'empereur était de proclamer la liberté.

Il fallait encore que les chefs des peuples (choisis librement par eux ) dussent quelque chose à la France pour former une communauté d'intérêts qui rendît le danger et la défense communs. Cette espèce d'union ne pouvait donc s'établir que par la division des empires en plusieurs états du second ordre , dont la France grande et forte eût été le soutien.

Cette organisation une fois terminée , les peuples ne devaient plus trouver de frontières; ils

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étaient tous enfants de la même famille; plus de guerres, plus de perturbations politiques.

Deux puissances ne devaient pas faire partie de l'union : la Russie à demi barbare , et renfermée dans ses glaces, et l'insatiable Angleterre retranchée dans les eaux.' La Russie, maintenue par une force au-dessus de la sienne , eût été rejetée dans ses déserts, si elle eût voulu troubler la paix générale. Quant à l'Angleterre, il fallait la conquérir ; pour la conquérir , il fallait l'atta** quer en m^e temps sur tous les points : le suc^ ces n'était pas douteux.

Du moment que Napoléon rétablit les distinctions nobiliaires , la grande réformation politique de l'Europe devint impossible. Napoléon marchant dans le sens des rois, la guerre ne pouvait avoir d'autre résultat que quelque dépossession , quelque changement de dynastie. Tout était dû à la force. Les peuples conquis ne pouvaient être amis du vainqueur, puisque leur sort n'était point changé , qu'ils ne faisaient que passer d'un joug sous un autre joug. Pour avoir un maître, on aime mieux un compatriote, quel qu'il soit, qu'un étranger, qu'un conquérant surtout ; car il y a toujours quelque humiliation d'avoir été conquis , et les peuples sont susceptibles.

Ce n'est pas pour être mieux que les peuples

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