LIV. III, CHAP. V
pas rompre l'alliance qu'ils avaient signée? loi^* qu'il lui dépeignait les maux qu'il attirerait sur ses peuples et sur lui? lorsque, tout ayant cédé à ses armes, il donna la paix de Tilsitt? lorsque, maître de l'Autriche pour la deuxième fois, il signa le traité dé Vienne? Était-ce par passion pour la guerre qu'il offrit la paix à Alexandre avant que de quitter Paris? qu'il l'offrit avant que de franchir le Niémen ? qu'il l'offrit après la victoire de laMojaïsk? qu'il l'offrit au Kremlin? Napoléon voulut la paix, il la voulut toujours, si ce n'est lorsqu'il la crut déshonorante pour la France et pour lui.
Depuis sa chute, on dit que Napoléon était un tyran. Si par tyran l'on entend un homme qui , sans les droits de naissance, s'élève sur le trône, Napoléon était un tyran ; mais si par ce mot l'on désigne un méchant, assurément jamais Napo« léon ne fut tyran.
Veut-on appeler tyrannie les restrictions qu'il mit aux libertés du peuple? Je n'entends pas excuser des lois et des règlements qui avaient pour but d armer le gouvernement d'un pouvoir excessif'. La législation impériale était dure sans doute, et de nombreuses atteintes étaient por-
^ Napoléon n'a cesse d'être environné de gens qui voulaient le renverser : il dut prendre des précautions pour sa su* II. ' a4 •
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XéeÉ aux droits dé là nation ; mais Napoléon apparut-il dans dès temps ordinaires? L'état politique de la France permeltait-ilque le gouvernement quittai son attitude sévère et se dessaisit des moyens de répression qu^il avait en maia ? Le gouvernement impérial avait trop pris ; mais la tranquillité de l'état ne voulait pas qu'il rendît tout. Bien des événements ont justifié sa prévision; et si ses lois nous paraissent violentes aujourd'hui, c'est que les causes qui les ont fait naître n'existent plus.
On a voulu comparer Napoléon à CromwelL Qu'y a-t-il de commun entre eux ? Riepi ; et ce serait perdre son temps que de discuter ce point si clair pour tout le monde.
. On a aussi voulu comparer Napoléon à César ^ à Alexandre: cette comparaison, pour être plus noble, n'est pas moins inexacte. Napoléon ne ressemble à personne : César était César, Alexandre était Alexandre, Napoléon est Napoléon..*
C'est en apaisant les troubles , en donnant la paix à sa patrie, que Napoléon a satisfait son ambition. Il n'a pas monté sur le trône l'épée feinte du sang de ses concitoyens, mais avec le
retë. Mais si le gouverDenient ne pouvait se soutenir qu^en détruisant les libertés publiques , la nation avait tort de le souffrir.
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r^imeau 4'^vier; sa couroniibe ne ÙA poiot ar-» rosée de laraaes; le descendant de vingt rois n'mt -pas été plus heureux'.
Si NapolépB eut été plus aévère , oii l'eut craint* ; on n'eut poifit conspiré ourtertement jconnne on r.a fait. Mais avec lui le pardon ôuiirait toujours l'offense , et personne au monde ne l'approchai sans en obtenir une grâce.
Ce qui peuJ( ^e r^p[r,oché à JNapoliéAn résulte assez de ce que j'ai dit dans le .cours de cet ou^ vrage; mais ce sont des taches qui s'effaceront. L'œil découvre mille défauts dans ces monuments 9 qui , vus à quelque distance , saisissent d'admiration : de même le temps , qui calme les passions, fera disparaître les nuages qui s'élèvent sur Napoléon, et il apparaîtra dans toute sa gloire.
Comme guerrier, nul ne l'égale; comme législateur, comme citoyen , comme monarque, il est au premier rang. La moitié de la^erre fut témoin
\ Le sang du duc d'Ënghien n'est pas tombé sur sa tête.
* Plusieurs personnages entretenaient des correspondances avec l'ennemi depuis. i8o5. Napoléon ne put croire & tant d'indignité. En 18 14 les circonstances étaient critiques; onlui proposa de prendre des mesures sévères , et de faire arrêter les principaux meneurs , il s'y refusa ; on lui proposa de les exiler de Paris, il s'y refusa encore. La suite a prouvé combien il avait eu tort.
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de ses exploits: partout des combats, des victoires éclatantes le rappellent au souvenir ; l'œil ne s'ouvre pas sans rencontrer des monuments qui lui sont dus; le monde est rempli de son nom. Vingt ans de gloire, et l'Europe agenouillée devant la France, tels sont ses titres à Fimmortalité'.
■ Napoléon n'est plus. Sa gloire appartient à la France ; il doit être permis d'en parler.