LIV. III, CHAP. V
Comme il Ta dit, il voulait rendre ati peu|)le toutes ses libertés, il s*étâit préparé bieh des peines pont Tâvênir '.
Les tnalheui'S de Napoléon otit commeftcé avec l'invasion de la Péninsule. De longues réflexions seraient inutiles sur ce sujet, et Ton ne peut pas le juger plus sévèremeiît qu'il s'est jugé lui-métne. Les résultats furent terribles. La guerre de Russie Vint attgrtientet* ses embarras; mais elle ne doît pas être itnputée à lui seul. Il en était moins le provocateur qu'Alexandre. Il eut tort, parcequ'il fut malheureux! c'est ainsi que l'on juge les princes. Seulement, après Leipsick, Napoléon aurait dû rttirer ses troupes d'Espagne et garantir la ligne des Pyrénées en traitant avec Ferdinand.
On lui a reproché son ambition : il en avait beaucoup sans doute, mais il faut avouer qu'elle fut bien vivement excitée par ceux-là mêmes qui s'en plaignent.
Il Toulait réunir l'Europe sous son scepti'é .' mais
à qui la faute? Est-ce à lui, ou à ceux qui l'ont
toujours provoqué? Est-ce lui qui avait allumié
' la guerre dltalie, lorsque, si jeune enèore, et
étranger aux affaires publiques, il vainquît les
' J'entends parler de la liberté' comme la voulait la dërao^ cratie.
368 ' NAPOtEON ET l'eUROPE.
ennemis de la France et les força à la paix? Estce lui qui provoqua les Autrichiens , lorsque leurs armées menaçaient notre territoire, et qu'il les écrasa à Marengo? Pensait-il, à troubfler 1^ paix de l'Europe, lorsque l'alliance de l'Angleterre, la Russie et l'Autriche le forcèrent de recourir aux armes, et de les vaincre encore. dans les plaines de la Moravie? Pensait -il à la .Prusse, lorsque, cédant aux instances de la Russie, qu'il avait tant ménagée à Austerlitz, elle prit les armes contre la France , et se fit battre à Jéna , à Eylau, à Friedland? Enfin, qu'avait -il fait à l'Autriche, lorsque, sans déclaration préalable, et copaptant $ur son éloignement, elle envahit la Bavière et se dirigeait sur le Rhin? Est-ce contre lui que s'élèveront les ombres d'Esling et de
Wagram? s^ ., ., .
Il ne respirait que pour la guerre! Ne voulaitil que la guerre, celui qui, simple général, transgressant les. ordres de son gouvernement, offrit la paix à l'Autriche après l'avoir vaincue? Ne voulait-îl c^ue la guerre, celui qui, parvenu au pouvoir^ présenta l'olivier aux débris/ie Marengo? Ne you,lait-il que la guerre, celui q^i , maître de l'Autriche et des armées russes, signa la paix à Presbourg ? Était-ce encore la guerre qu'il cherchait , lorsqu'il conjurait le roi de Prusse de ne