LIV. lïl, CHA.P. VI
gouvernement change, ils échangent leur serment comme ils échangent leur costume. Cette vérité est fi^ippante. Depuis trente ans. on voit les mêmes hommes , et depuis trente ans nous avons eu > de compte fait , dix gouvernements différents.
Pour rendre au serment toute son importance, il faudrait d'abord ne pas se servir des parjures; et, si on ne pouvait les renvoyer sans faire une trouée trop considérable, il faudrait le rendre plus rare et plus solennel. Mais on Ta tellement multiplié , que bientôt il faudra lever la main ' pour obtenir la permission d'aller sur les promenades publiques.
L'ordonnance du 2^ juillet, |w'il fallut convertir en loi pour mettre la responsabilité des ministres à couvert, montra quel était l'esprit qui animait les agents du pouvoir. Dix-»huit généraux sont désignés au glaive de la loi. Le maréchal Ney hit arrêté, jugé et fusillé; la Bédoyère fut arrêté, jugé et fusillé; Mouton Duvernet fut arrêté, jugé et fusillé : les autres s'échappèrent ; ils revinrent chercher des juges après plusieurs années d'exil , et tous furent acquittés ou amnistiés.
s L'usiige de lever It main rernonte à Abrabano. « Je Jéye la main devant le Seigneur, le Dieu Très-Haut. » Levo manum meam odDominum meum, excelsum possessorem cœU et ierrœ. ( Genèse , ch. xiv. )