‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 39 sur 139 · PREMIERE EPOQUE · texte numérisé non relu

PREMIERE EPOQUE

Le général Yorck, qui commandait l'arrière* garde prussienne du duc de Tarente, conclut, avec le général russe Diebitch, un traité d'après lequel ses troupes devaient rester dans les envi- • rons de Mémel; et le général Massembach, qui avait sous ses ordres une autre brigade prussienne, se hâta de suivre l'exemple du général Yorck. Ces défections , qui donnaient le signal à TAliemagne, et auxquelles allait se joindre la duplicité diplomatique, devaient à la fin triompher de la valeur française.

Cependant, malgré les revers de la campagne de Russie, la Prusse n'a cessé de faire les protes* tations les plus fortes sur sa persévérance à maintenir le traité d'alliance qui existait entre

l48 NAPOLÉOÎT ET l'eUROPE.

elle et la France; et lorsque le roi apprit la trahison de son lieutenant , il s'écria : « Il y a de quoi

• prendre une attaque d'apoplexie : que faut-il » faire? t Alors le chancelier Hardenberg proposa et le roi ordonna que le général Yorck fût arrêté et traduit à Berlin pour y être jugé; que le général Kleist le remplacerait et remettrait les troupes prussiennes aux ordres du roi de Naples. C'était le 5 janvier i8i3. Le prince de Hatz^eld devait se rendre tout de suite à Paris, pour porter à sa majesté l'empereur l'expression des sentiments du roi et prouver ces mêmes sentiments à l'Europe entière. Mais le départ de ce prince, qui devait être si prompt, fut remis au g, puis au 1 1 janvier.

Pour ne laisser aucun doute sur ses sentiments affectueux, le roi de Prusse écrivit au roi de Naples une lettre dans laquelle il lui dit : « Mon » aide-de-camp , Natzmçr , porte, mes ordres au gé- » néral Rleist, de prendre incessamment le com- » mapdement de mon corps d'armée , de destituer

• le général Yorck et de le faire arrêter. Je n'ai » pas besoin de dire que je ne ratifie point la con- » vention. Quant aux dispositions à prendre à «l'égard des troupes, elles appartiennent, d'a- » près le traité d'alliance, à S. M. l'empereur, et » maintenant à voire majesté , comme son lieu- » tenant. »

Page 1