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De son côté le prince de Hatzfeld devait assurer l'empereur que si Ton pouvait retirer le corps du général Yorck, l'augmentation du contingent jusqu'à 3o,ooo hommes serait bientôt effectuée, et que si le corps- était perdu, S. M. le roi de Prusse n'en ferait pas moins tous les sacrifices pour en former un nouveau de 20,000 hommes. Enfin M. de Hatzfeld devait témoigner à l'empereur Tindignation que le roi avait éprouvée de la conduite du général Yorck, et tâcher de détruire toutes les fâcheuses impressions que cet événement aurait pu faire dans l'esprit de S. M. impériale et royale.

Ce n'était pas assez de cette persistance dans lalliauce poUtiqvie, le cabinet prussien fit des ouvertures sur une alliance de famille, par le mariage d'une princesse du sang impérial avec le prince royal de Prusse. Si ces propositions étaient faites de bonne foi , à quoi tient donc l'attachement des rois ? Si ce n'était qu'un leurre, les réflexions sont inutiles.

Le roi de Prusse a quitté Potsdam le 22 janvier; il s'est rendu à Breslau, et c'est à Breslau qu'est attendu l'empereur de Russie. Cependant l'ambassadeur de France a été invité à suivre la cour , et les protestations de Berlin sont renouvelées à, Breslau. Les autorités prussiennes ne

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montrent que des dispositions amicales. Tout est mis en usage pour entretenir la sécurité de la France. Non seulement le roi de Prusse persiste dans son alliance, mais encore il cherche les moyens de rétablir la paix entre la France et la Russie. « Il est venu au roi l'idée, dit M. de » Hardenberg, que rien n'avancerait plus le grand » œuvre qu'une trêve d'après laquelle les armées » russe et française se retireraient à une certaine ^» distance... Sa majesté impériale serait-elle por- » tée à entrer dans un arrangement pareil ? con- » sentirait-elle à remettre la garde des forteresses »de l'Oder, de Pilau, et la place de Dantzick »(pour celle^i, conjointement avec les troupes » saxonnes, en conformité du traité de Tilsitt), » aux troupes du roi^ et de retirer son armée der- 9 rière l'Elbe , moyennant que l'empereur Alexan- » dre retirât toutes ses troupes derrière la Vis- »,tnle ? Le roi ordonne au général Krusemack et ji au prince de Hatzfeld de demander là-dessus les 9 intentions de sa majesté impériale^. Il fait sonâder également l'empereur Alexandre, comme f» sur une idée venant absolument deluiseul, etc.i On ne voit ici que la sollicitude d'un bon allié ; mais des paroles passons aux actions.

C'est le 5 janvier que M. Natzmer, aide-decump du roi 9 était parti pour remettre sa lettre

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à Murât. Cette mission remplie , il devait se rendre auprès du général Yorck, pour exécuter les ordres de son souverain ; mais il faut croire qu'un ordre verbal avait détruit les ordres écrits, car on n'a plus ^entendu parler de. M. Natzmer.

« D'après un article inséré dans quelques exemplaires de la gazette de Berlin, » dit le général Yorck, dans une déclaration du 37 janvier' • Taide-de-camp Natzmer a été envoyé auprès du général major Kleist , poui' lui porter Tordre de me retirer le commandement général du corps royal prussien, et de s'en charger lui-même.

M. de Natzmer cependant n'est venu ni auprès de moi, ni auprès du général Kleist, par conséquent je continuerai , sans hésiter , à conserver le commandement général du corps, et à exercar les autres fonctions déterminées par Tordre du cabinet, du ao décembre 1820; car il est no^ toire que , dans les états prussiens , une gazette n'est point considérée comme une feuille officielle d'état , et que, jusqu'à présent, aucun général n'a reçu ses ordres par la voie de$ gazettes.»

>I1 est bon de remarquer que ce n'est que le 19 janvier que parut dans la gazette officielle de Berlin la capitulation rfa gënëral Yorck , que le roi connaissait depuis le 4 > «t qui ^nit tant eapitë 9on indignatioii.

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Plus tard^ le 12 février, ce même général Yorck fit une proclamation dans laquelle il dit que les représentants de la nation assemblés ont décrété, outre l'armement général, Torganisation d'un corps national de cavalerie, pour renforcer l'armée ; il termine parjcette exhortation : a Cistoyensde la Prusse, formons ce corps, pour 9 servir d'exemple aux autres provinces de lamovnarchie, et réunissons tous nos efforts pour «montrer à l'Europe, qui a les yeux fixés sur »nous, ce que peut produire l'anaour pour le »roi et pour l'indépendance de la patrie. »

Dans le courant de février, le roi de Prusse ordonna une levée en masse dans ses états; c'était, disait-on, pour compléter le contingent et pour assurer la neutralité de la Sllésie ; mais le général Bulow négocia avec le général russe Witgenstein, et livra le passage de l'Oder, comme Yorck avait livré la ligne du Niémen.

A Breslau même, sous les yeux . du roi, les Stein , les Kotzbue et autres fanatiques , prêchaient une nouvelle croisade contre les Français; et, dans toute la Prusse, les excitateurs poussaient des cris de guerre. Cependant M. de Har • denberg jurait que le système n'avait point varié, et, dans les premiers jours de février encore, l'ambassadeur de France ne recueillait que des pro-

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testations d'amitié ; mais déjà la Prusse négociait avec la Russie, et soii traité fut signé le i*' mars. L'Angleterre obtint cette nouvelle alliance moyennant 666,666 liv. sterling. Cette affaire se termina dans le courant de juin à !Reichenbach,

L'empereur Alexandre arriva à Breslau le 1 5 mars. Ce même jour la Prusse fit sa déclaration de guerre à la France, et M. de Hardenberg la remit le lendemain à M. de Caraman . Mais les envoyés prussiens à Paris, MM. de Hatzfeldet de Krusemack, n'en firent la notification que le 27 mars. Ainsi la Prusse protestait encore de son attachement , alors qu'elle avait passé dans les rangs ennemis.

Quel était donc le but de la Prusse? C'était, dit M. de Hardenberg , d'obtenir une paix fondée sur des bases équitables , et propres à augmenter sa solidité. Mais le moyen d'obtenir une paix de ce genre, une paix quelconque même, n'était pas de prendre les armes contre une armée accablée de tous les fléaux, et qui venait de faire une retraite de trois cents lieues; le moyen d'obtenir ce résultat n'était pas d'augmenter les forces de celui que les chances de la campagne avaient. favorisé, qui pouvait faire la paix et ne le voulait pas , pour tomber sur celui dont les forces s^étaient épuisées, et qui demandait une

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paix qu'on ne voulait pas faire. Si tel eût été le but de la Prusse , elle eût continué de marcher sous les drapeaux français , ou bien elle fiit restée neutre; mais il entrait autre chose que la paix dans ses espérances.

La Suède^ qui n'avait pas souffert des bouleversements de l'Europe, si ce n'est que la Russie lui enleva sa plus belle province , la Suède ne fut pas la dernière à crier hourra contre la France. Le nouvel élu Bernadotte fut excité par TinefFable plaisir de se battre ëontre Napoléon , et par l'espoir si flatteur de se revêtir de quelques dépouilles. La Suède fournira trente mille hommes, qui se joindront aux Russes et aux Prussiens, pour marcher contre les ennemis communs , les Français , et ces troupes seront commandées par S. A. le prince royal de Suède, le Français Bernadotte. Cette transaction est faite moyennant un million sterling , et la cession de la Guadeloupe, conquise.sur la France, et de la Norwége à conquérir sur le Danemarck. C'est pour parvenir à Mn^pûix équitable que la Russie dit à la Suède : « Je vous ai pris la Finlande , je la garde ; mais je vous donnerai la Norwége , que nous prendrons au Danemarck ; » que l'Angleterre dit à la Suède, • Je vous céderai la Guadeloupe , qui appartient à la France , et que je devrais rendre si je traitais

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