‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 80 sur 139 · LIV. II, GHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIV. II, GHAP. VIII

Les plénipotentiaires des cours alliées répondent , que les observations du plénipotentiaire , français ne contiennent pas une déclaration distincte et explicite sur le projet présenté par eux à la séance du 1 7 février. Alors M. le duc de Vicence déclare verbalement que l'empereur des Français est prêt:

« A renoncer , par le traité à conclure , à tout titre exprimant des rapports de souveraineté, de suprématie, protection ou influence constitutionnelle avec les pays hors des limites de la France ;

» Et à reconnaître ,

» L'indépendance de l'Espagne dans ses anciennes limites, sous la souveraineté de Ferdinand VII ;

9 L'indépendance de l'Italie, l'indépendance de la Suisse, sous la garantie des grandes puissances ;

» L'indépendance de l'Allemagne ,

»Et Tindépendance de la Hollande, sous la souveraineté du prince d'Orangew

» Il déclare • encore que si , pour écarter des causes de mésintelligence , rendre l'anàitié plus étroite et la paix plus duraLle entre la France et l'Angleterre , des concessions , de la part de la France, au-delà des mers, peuvent être jugées

nécessaires^ la France sera prête àlfisfaire, moyennant une équivalent raisonnable. >

Le 6 mars , l'empereur avait fait dire au duc de Vicence : q II s'agit , pour arriver à la paix , de £Edre des sacrifices....... Ces sacrifices portent sur

des portions de territoire , la Belgique et la rive gauche du Rhin , dont la réunion a été faite con* stitutionnellement 9 et a été reconnue par de nombreux traités. L'empereur ne peut pas, dans cette situation , proposer la cession d'une partie de ce territoire. Il peut consentir à des con*cessions , s'il n'est que ce moyen de parvenir à la paix ; mais, pour qu'il y consente, il faut qu'elles lui soient demandées. Elles lui ont été demandées en masse par le projet que les alliés vous ont remis; mais ce projet est leur premier mot, et ce premier mot ne saurait être leur ultimatum. Vous leur répondrez par l'acceptation des propositions qu'il ont faites à Francfort ; et cette réponse , qui est également votre premier mot , n'est pas votre ulàmatum.

«L'empereur connaît mieux que personne la situation des affaires 4 il sent donc mieux quepersonne combien la paix lui est nécessaire; mais S. M. ne veut pas la faire à des conditions plus Qûéreusesf que celles auxquelles les alliés seraient véritablement disposés à consentir..... Vous savez

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la peDsée de S. M. sur les propositions qu'elle pourrait accorder, le Brabaut hollandais^ Wesel^ Gassd, &ell, Mayence.....; et si les alliés s'en 'contentent , rien n'empêche que nous terminions. S'ils en veulent d'autres ^ vous aures^ à les discuter pour arriver à les faire modifier* Vous ire2 verbalement aussi avant que vous le jugiez convenable ; et , quand vous serez^ parvenu à avoir un ultimatum positif^ vous vous trouverez dans le cas d'en réfker à votre gouvernement, pour recevoir ses derniers ordres* » L'on verra, à la séance du i5 mars, quel est l'usage que M. le duc de Yicence a fait de ces instructions.

Le i3 mars, lès conférences sont continuées.

Les plénipotentiaires des cours alliées annoncent qu'ils ont jugé le mémoire de M. le duc de Yicence, inséré au protocole du 10, de nature à ne pouvoir être mis en discussion sans entraver la marche de la négociation ; qu'à l'égard de la dé-claration verbale , comme elle ne contient que l'acceptation de quelques points du traité remis le 1 7 février , elle ne peut être regardée comme un contre-projet ; qu'ils ont reçu de leurs cours l'instruction positive , précise et stricte de déclarer^ ainsi qu'ils l'ont fait, que ces àejoi% pièces ont été ti^nues insuffisantes, et d'insister sur une

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autre déclaration qui renferniât un refus de leur projet ou un contre-projet.

«Le plénipotentiaire de France rappelle que les plénipotentiaires des cours alliées, en décla- ' raut eux-mêmes, dans la séance du ^8 février, qu'ils étaient prêts à discuter les modifications qui seraient proposées , avaient prouvé par cela même que leur projet n'était pas un ultimatum; que pour se rapprocher et arriver à un résultat, une discussion était indispensable.

»M. le duc de Vîcence ayant désiré que la séance fût reprise le soir , les plénipotentiaires des cours alliées y ont' consenti, en lui disant qu'ils veulent le prévenir dès à présent, qu'ensuite de leurs instructions ils devront l'inviter (après avoir déclaré ce soir s'il veut remettre une acceptation ou un refus de leur projet, ou un contre-projet ) à remplir cet engagement dans le terme de vingt-quatre heures , qui a été fixé péremptoirement par leurs cours. »

Cette séance du soir fut employée à presser le plénipotentiaire français de donner sa réponse.

Le 1 5 , M. le duc de Vîcence ouvrit la séance en faisant lecture d'ipi projet dont les principales dispositions vont être rapportées :

Art. 1 . A compter de ce jour , il y aura paix , amitié sincère et bonne intelligencti entre l'em-

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