‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 100 sur 185 · Cf. Ed. Driaull, Napoléon en Italie, p. :">2i · texte numérisé non relu

Cf. Ed. Driaull, Napoléon en Italie, p. :">2i

2 février, le général Miollis entra dans Rome sans obstacle. Le 3, il eut une audience du Saint-Père qui se plaignit à lui amèrement et déclara que dès lors il se considérait comme prisonnier. Miollis appliqua ses instructions. Le 14 février, il passa sur la place Saint-Pierre une revue de ses 6.000 hommes. Les troupes pontificales, n'ayant pas été autorisées à y figurer, furent incorporées en partie dans les troupes françaises avec cet ordre du jour de Miollis : « Sa Majesté l'Empereur et Roi Napoléon témoigne sa satisfaction aux troupes de Sa Sainteté pour leur bonne tenue. Elles ne recevront plus d'ordres à l'avenir ni des prêtres ni des femmes. Des soldats doivent être commandés par des soldats. Les troupes peuvent être assurées qu'elles ne retourneront plus sous les drapeaux des prêtres. L'Empereur et Roi leur donnera des généraux que leur bravoure a rendus dignes de les conduire1. »

Quatre cardinaux napolitains furent renvoyés à Naples sous prétexte que leur place n'était pas à Rome. Joseph refusa de les recevoir, de peur que leur retour, dans de telles conditions, ne surexcitât les esprits déjà agités par les derniers événements.

Enfin le pape fut informé que les troupes de Sa Majesté resteraient à Rome jusqu'à ce qu'il fût entré dans la Confédération Italienne, avec le roi d'Italie et le roi de Naples ; que, s'il s'y refusait, Sa Majesté ne saurait plus reconnaître sa souveraineté temporelle et était décidée à faire passer la domination de Rome entre des mains séculières.

Le pape refusa, désormais fixé à la politique de la résistance, heureux de ces épreuves où devait se retremper la vigueur de l'Eglise ; il était persuadé depuis longtemps, disait-il récemment à Alquier, que l'Eglise pour reprendre sa force avait besoin d'une persécution ; la foi s'était attiédie dans

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