‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 103 sur 185 · A. Vandal, I · texte numérisé non relu

A. Vandal, I

Mais il nous faut aller au fond de la pensée du gouvernement français, et lire les dépêches, pour la plupart inédites, adressées alors par Champagny à Caulaincourt : si elles ne s'accordent pas absolument avec le verbe éloquent de l'Empereur, elles permettront de déterminer exactement la valeur à laquelle il faut réduire les « Entretiens de Saint-Pétersbourg ».

Caulaincourt avait écrit le 26 décembre en constatant la méfiance où l'on était à Saint-Pétersbourg à l'égard de la France: « Il faut un os à ronger au ministère1. » Ce pou vait même être un os sans moelle.

Le 2 février, le jour de la lettre impériale, Champagny se plaignait à Caulaincourt de la conduite des marins russes de l'Adriatique qui paraissaient n'avoir point hâte de ramener leurs vaisseaux dans les eaux russes et évitaient soigneusement tout acte d'hostilité vis-à-vis des Anglais : rien d'autre.

Mais surtout le 22 février Champagny adressait à l'Empereur un rapport dont nous relevons les principales formules : — Si la décadence de la Turquie est irrémédiable, un partage de cet empire ne peut être avantageux qu'à la Russie ; ce sera un agrandissement démesuré pour la puissance russe qui a été rarement l'amie de la France et qui en sera naturellement l'ennemie lorsque les deux empires se toucheront ; si Constantinople tombe au pouvoir de la Russie, elle sera maîtresse de l'Archipel, et peut-être de la Méditerranée, comme elle l'est de la mer Noire. — La France ne pourrait profiter vraiment de la dissolution de l'empire turc que si elle était maîtresse de la Méditerranée, et elle ne l'est pas. Si les Turcs sont relégués en Asie par notre faute, ils seront nos ennemis et nous interdiront toute communication avec la Perse et l'Inde. — En conclusion,

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