Ed. Driault, Napoléon et l'Europe, I, j.j(i--i
■1. Pierre Conard, ISapoléon et la Catalogne : I. La captivité de Barcelone, p. a3 et s. — A. Lefebvre. l\\, 418-419.
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affermi par une police sévère ; que tous ces motifs faisaient sentir « la nécessité de concentrer l'autorité dans une seule main ! » .
En même temps son ami Izquierdo était appelé à Paris, mis en rapport avec Talleyrand qui, bien qu'il ait voulu se dégager dans ses Mémoires de toute collaboration aux affaires d'Espagne, y a joué en vérité un rôle de premier plan : le prince de Béaévent proposa au confident du prince de la Paix les bases suivantes pour un nouveau traité destiné à remplacer celui du 27 octobre : le Portugal à l'Espagne ; en compensation, la rive gauche de l'Ebre à la France, la liberté du commerce pour les Français dans toutes les colonies espagnoles, une alliance offensive et défensive perpétuelle2.
Les instructions d'Izquierdo ne lui permettaient pas de souscrire à de telles conditions. D'ailleurs les événements se précipitaient.
Les sentiments éprouvés par les Espagnols à l'approche de Murât avaient changé depuis l'occupation des forteresses du Nord ; ils étaient bien obligés d'y voir des attentats contre leur indépendance et la manifestation de desseins redoutables de la part de l'Empereur. Dès lors les troupes françaises furent fort mal reçues ; il ne fut pas prudent de s'attarder sur le chemin ou de s'écarter des rangs : les coups de couteau furent fréquents, et les embuscades meurtrières. On était en pays ennemi ; et ce n'était qu'un commencement.
A Madrid, l'effervescence grandissait d'un jour à l'autre, non pas encore contre la France, mais contre Godoy, qui, disait-on, avait livré, vendu sans doute, l'Espagne à Napoléon. On fut bientôt au comble de la surexcitation patriotique. Pourtant le roi Charles IV ni Godoy n'étaient coupables de ce crime. Ils n'étaient pas de force à défendre le pays ; les