‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 117 sur 185 · A. Lefebvrc, III, 449"45o · texte numérisé non relu

A. Lefebvrc, III, 449"45o

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toujours montré mon ami, j'ai pris la résolution de me remettre en tout ce qu'il voudra bien disposer de nous, de mon sort, de celui de la Reine, et de celui du prince de la Paix. J'adresse à V. M. I. et R. une protestation contre les événements d'Aranjuez et contre mon abdication. Je m'en remets et me confie entièrement dans le cœur et l'amitié de V. M. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde1. »

Napoléon avait un bien beau jeu ; il se laissa tenter à le jouer.

Murât entra dans Madrid le i?> mars ; la population lui fit un accueil réservé, mais convenable ; elle voulait bien encore voir dans les Fiançais « les alliés de Ferdinand », et tenta de se persuader qu'ils ne venaient que consacrer les résultats des derniers événements.

Le lendemain, Ferdinand arriva d'Aranjuez ; il fut vraiment comme porté en triomphe par le peuple, dans « un délire d'enthousiasme », car il était le symbole de l'indépendance de la patrie ; peut-être aussi voulait-on manifester hautement aux yeux des Français la volonté où était la nation espagnole de l'avoir pour roi.

Le grand-duc de Berg, bien informé, quoi qu'on en ait dit, des intentions de l'Empereur, n'alla point visiter Ferdinand ; il ne voulait point le reconnaître officiellement. Il retint l'amiral Verhuel, ministre de Hollande, qui voulait se rendre au palais. Le comte Strogonoff, ministre de Russie, représentant de F allié de l'Empereur, avait porté ses hommages au nouveau roi ; Murât lui demanda s'il avait donc déjà reçu de nouvelles lettres de créance, et le ministre resta tout décontenancé.

Cependant toute l'Espagne, pour ainsi dire, se réjouissait de la chute de Godoy et de l'avènement de Ferdinand VIT,

i. Àff. Étr., Corr. d'Espagne, vol. 673, P" 3go, 3g 1.

j i i l'affaire d'espaoe

de la dignité de la famille royale restaurée, de l'indépendance du royaume garantie, de la promesse d'un avenir meilleur. Le trône de Ferdinand était solide, s'il n'y avait fallu que le concours patriotique de toute la nation.

Il avait dès le 20 mars écrit à l'Empereur pour lui faire connaître son avènement et lui donner les assurances de son dévouement pour continuer la lutte contre l'ennemi commun. Le 3i mars, il remit solennellement au grand-duc de Berg, pour qu'elle fût offerte à l'Empereur, lépée de François Ier, jusque-là déposée à l'Armeria : « Journée honorable, écrivait Beauharnais, pour les annales du règne du grand Napoléon '. »

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